vendredi 19 février 2016

Reims - Bastia: un poteau attaque et mutile un supporter


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Si certains doutaient encore de la dépendance de nos médias en général et de I-Télé en particulier à l'égard du pouvoir, le doute n'est plus permis.

Le 17 février, une "journaliste" sur I-Télé interroge Gilles Simeoni, Président du Conseil Exécutif Corse au sujet des incidents qui ont eu lieu lors du match de foot Reims - Bastia. (1)

"Est-ce que vous condamnez ces incidents ?" commence-t-elle par demander à l'élu, comme s'il pouvait faire autre chose que condamner. Visiblement peu satisfaite de la réponse de Gilles Simeoni qui dénonce les violences, elle en remet une couche, mais attention là, elle envoie du lourd:

" Vous avez pas eu l'impression, ces jours-ci, d'avoir un peu mis de l'huile sur le feu en mettant en doute la version officielle après les incidents samedi à Reims ?" (2)

Allô ? Non mais allô. T'es journaliste et tu accuses un élu d'alimenter des violences simplement parce qu'il remet en cause la version officielle ?

Mais toi, "journaliste" de I-Télé, si au lieu de t'empresser de lécher les bottes de la police, du procureur et du pouvoir que tu sers, tu avais fait ton travail de journaliste, tu aurais probablement appris que ce n'est pas Gilles Simeoni qui remet en cause la théorie officielle, mais la victime elle-même et des témoins direct de la scène.

Rappel des faits:

Samedi 13 février, à la fin du match entre Reims et Bastia, des heurts opposent une dizaine de supporters du club corse à des policiers. 8 personnes sont interpellées et conduites en garde-à-vue. Un étudiant, Maxime, est victime d'un tir de flashball au visage de la part d'un policier et est emmené aux urgences. On apprend plus tard par l'intermédiaire du club de supporter SCB qu'il a perdu l'usage de son oeil.
Immédiatement les réseaux sociaux relaient l'information et Gilles Simeoni, Président de l'Exécutif Corse publie un communiqué de presse dans lequel il affirme que le supporter a été blessé par un tir de flashball et il demande une enquête impartiale. (3)
Le 15 février, le procureur de la république de Reims, Fabrice Belargent, relaie la version policière qui, bien évidemment, exonère totalement les policiers et prétend que le jeune s'est blessé tout seul contre un poteau: (4)

" Il y a eu une course poursuite au terme de laquelle le policier est parvenu a rattraper l'individu, heu, l'a fait chuter pour le neutraliser et selon les déclarations du policier, c'est à cet instant que l'individu aurait chuté et serait tombé, tête la première, sur un des poteaux qui borde heu, le parcours du tram...
Je vous ai apporté des photos de ces poteaux (il montre des photos des poteaux)
Et c'est à cette occasion que l'individu se serait blessé au visage. Lors de la course poursuite avec le policier, après qu'il ait été déséquilibré et qu'il ait chuté."

Jusque là, tout va bien pour le policier, le procureur et surtout notre gentille "journaliste" de I-Télé.
La seule version officielle est celle du poteau qui agresse un supporter et le mutile. Ouf, l'honneur de la police est sauf. Pas besoin de faire une enquête comme un journaliste digne de ce nom. Faut pas déconner, merde, ils ont autre chose à faire.

Mais patatras, voilà qu'apparaissent plusieurs témoignages qui dénoncent exactement le contraire. Sur France Bleu un témoin direct de la scène décrit la scène: (5)

"Ce que j'ai vu, c'est que Maxime était en train de fuir les policiers qui le poursuivaient et il s'est fait tirer dessus par un policier en civil délibérément au visage...
Maxime était poursuivi par des policiers en civil. Un avait un flashball en main. Il lui a visé délibérément à quelques mètres le visage. Quelques secondes après il s'est écroulé par terre, il a été par la suite tabassé, menotté et emmené au commissariat."

Finalement, le procureur, acculé par les témoignages et les contradictions dans la version policière est contraint d'ouvrir une information judiciaire pour "violences volontaires". Brrr. Le poteau en tremble déjà à l'idée de se retrouver en garde-à-vue.

L'impunité systématique des policiers

Et oui, seul le poteau peut craindre la justice. Le policier qui a mutilé le supporter, lui, n'a absolument rien à craindre. C'est un classique de la justice française. Depuis des années, les policiers qui s'amusent à viser le visage avec leur flashball ne sont pas inquiétés. La plupart des affaires ne vont même pas jusqu'à un procès, les procureurs classant sans suite les plaintes.

C'est ce qui est arrivé par exemple en avril 2014 pour un pompier qui a perdu son oeil suite à un tir de flashball. Le procureur de Grenoble classe sans suite pour "absence d'infraction". Si, si.  Pour ceux qui n'auraient pas bien compris, le procureur ajoute même que la grave blessure du pompier « ne résulte donc pas d'une infraction, mais de sa participation à cette manifestation violente et l'emploi de la force légitime proportionnée et nécessaire pour y faire face »
Circulez, ya rien à voir. Si vous ne voulez pas perdre un oeil, vous n'avez qu'à pas manifester.

Avec l'état d'urgence, les policiers peuvent se balader, même en dehors de leurs heures de service avec leur arme. Comme s'il n'y avait pas assez de bavures comme ça pendant les heures de service. Et puis, c'est une nouveauté aussi, les policiers vont bénéficier de la présomption de légitime défense et de l'irresponsabilité pénale. En gros, si un flic vous tire dessus, c'est forcément que vous l'avez cherché alors ne venez pas vous plaindre ensuite. (6)

Alors qu'un policier qui vient de mutiler un étudiant rédige un faux procès-verbal pour se couvrir, on a déjà vu. Qu'un procureur mente comme un arracheur de dents pour couvrir la police, on a déjà vu aussi.
Mais qu'une journaliste d'une chaîne d'information vienne reprocher à un homme politique de "mettre de l'huile sur le feu" simplement parce qu'ils ne croit pas aux mensonges officiels, ça c'est nouveau.

I-Télé et sa journaliste ont, sur cette affaire, bafoué tous les principes déontologique des journalistes, à commencer par le recoupement des sources et le respect du contradictoire.

Ce matin, en Egypte, un policier a abattu un chauffeur de taxi suite à un différend sur le prix de la course. En Egypte, il existe une loi qui punit de prison ferme tous les journalistes qui remettent en cause les versions officielles du pouvoir en matière d'attaques terroristes.

Chez I-Télé, ils se sont crus en Egypte. Ils ont cru à la version officielle de l'attaque terroriste d'un poteau contre un supporter et ils ont eu peur de la prison ferme s'ils remettaient en cause la version de la police. Mais non, journaliste de I-Télé, tu n'es pas en Egypte. Enfin pas encore. Tu as le droit de recouper tes sources, tu as le droit de donner la parole aux témoins qui étaient sur place. Tu as le droit d'enquêter et de faire du vrai travail de journaliste.
Si vraiment, ça ne te plait pas le journalisme, tu peux envoyer un CV chez Ruquier ou chez Hanouna. Peut-être que ça t'irait mieux de faire officiellement le clown et d'être payé pour ça, non ?

L'indépendance des journalistes français, décidément, c'est pas pour maintenant.







(6) http://www.metronews.fr/info/legitime-defense-pour-les-policiers-et-gendarmes-quels-changements-avec-la-nouvelle-loi/mokl!08NwlCqmVDs/

samedi 13 février 2016

La déchéance de Hollande



Jamais un Président n'aura autant menti aux Français. Sur le chômage, la dette, la menace terroriste, mais aussi sur sa vie privée. Comme si tout cela ne suffisait pas, Hollande ment maintenant comme un arracheur de dents sur la déchéance de nationalité dans le silence assourdissant et complice des médias.

Jeudi 11 février, Hollande déclare devant deux journalistes au sujet de la déchéance de nationalité: "Un terroriste qui tue des Français, parce qu'ils sont Français, se met, par son acte lui-même, en dehors de la communauté nationale." Il ajoute pour ceux qui n'auraient pas bien compris: "Ca ne concerne que des terroristes, ceux qui tuent des Français, parce qu'ils sont Français et qui portent là un acte de rupture par eux-mêmes" (1)

Soit Hollande ne sait pas lire le texte voté quelques heures auparavant à l'Assemblée, soit c'est un fieffé menteur et on peut légitimement s'interroger au passage sur la déontologie de Pujadas et de Bouleau qui savent pertinemment qu'il ment mais n'osent pas le reprendre alors qu'il manipule ouvertement l'opinion publique.

Le 16 novembre, devant l'Assemblée Nationale et le Sénat réunis en Congrès, Menteur 1er déclare ": "La déchéance de nationalité ne doit pas avoir pour résultat de rendre quelqu’un apatride, mais nous devons pouvoir déchoir de sa nationalité française un individu condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou un acte de terrorisme, même s’il est né français, je dis bien « même s’il est né français » dès lors qu’il bénéficie d’une autre nationalité. A l'époque, il promet une déchéance réservée aux binationaux, pour ne par créer d'apatrides et pour les individus condamnées pour terrorisme ou, et les mots sont importants, "pour atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation".

La version finale adoptée par l'assemblée nationale est la suivante:
«La loi fixe les règles concernant la nationalité, y compris les conditions dans lesquelles une personne peut-être déchue de la nationalité française ou des droits attachés à celle-ci lorsqu'elle est condamnée pour un crime ou un délit constituant une atteinte grave à la vie de la Nation.» (2)
Même le mot "terrorisme" a disparu. Pour le reste, on est passé des binationaux à tout le monde, c'est-à-dire que la France va être un des seuls pays au monde à créer des apatrides en violation de tous les traités internationaux. Comme le soulignent parfaitement plusieurs députés, on va en faire quoi ? Ouvrir des camps pour les parquer ?

Enfin pour les motifs de la déchéance, c'est encore plus grave puisqu'on passe de "condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation", à "condamné pour un crime ou délit constituant une atteinte grave à la vie de la nation".
On est très très loin du discours de Hollande et de son intervention télévisée. D'ailleurs, même le mot "terrorisme" a disparu. Un simple délit qui vaut aujourd'hui une amende à son auteur, pourra demain lui valoir de perdre sa nationalité si le juge s'amuse à décider que c'est une atteinte grave à la vie de la nation.

Mais qu'est ce qu'une "atteinte grave à la vie de la nation" ?

Ce concept n'est pas parfaitement défini par les textes. On nous réserve donc des surprises. Il y en a un en revanche qui est très bien défini: "l'atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation."
On pourrait penser qu'il s'agit d'attentats ou de tentatives d'attentats, voire d'espionnage ou de haute-trahison... puisque c'est le sujet. Pas du tout. "L'atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation" est fréquemment utilisée par les préfets dans le cadre des éloignements des étrangers (tiens, tiens) et là, tenez-vous bien, c'est surréaliste.

Un mendiant

Florent est attrapé par des policiers avec des casseroles et un micro-onde usagé qu'il vient de prendre dans une déchetterie et il est placé en garde à vue. Son casier judiciaire est vierge. La police lui notifie donc un simple rappel à la loi, considérant probablement que la soustraction de quelques casseroles jetées dans un benne par leur propriétaire ne constitue même pas un délit.
Dans le même temps, le préfet, lui, décide que son comportement constitue "une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour l'intérêt fondamental de la société française".
Il considère que Florent est tellement dangereux qu'il ne le place pas en rétention, ni même en assignation à résidence. Voilà donc un simple mendiant, que le préfet considère comme une menace grave pour l'intérêt fondamental de la société, libre comme l'air et pouvant à tout moment passer à l'acte... brrr, on en tremble encore.

Des manifestants

Trois manifestants écologistes participent à une manifestation interdite pour faire pression sur la participants à la COP 21. Après avoir formé une chaîne humaine, il se retrouvent encerclés, gazés et interpellés. Placés en garde-à-vue avec plus de 300 autres personnes... (il faut bien faire du chiffre), ils sont placés en rétention et reçoivent une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) qui stipule que leur comportement constitue là aussi "une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour l'intérêt fondamental de la société française".
Plus récemment, la même mésaventure est arrivée à 3 étudiantes italiennes qui participaient à une manifestation à Calais. Là encore, leur comportement constituait une menace pour l'intérêt fondamental de la société française. Après 3 jours de rétention, la préfecture a toutefois décidé de les libérer, reconnaissant implicitement l'illégalité de sa procédure.

La cerise sur le gâteau

Stella est une jolie jeune femme brune aux yeux verts. Lorsqu’elle sourit, c’est comme un rayon de soleil qui réchauffe le cœur, la grisaille environnante se dissipe et on oublie tout. Pour quelques dizaines d’euros, elle emmène les hommes au paradis. Stella a 20 ans, sans domicile et sans ressource, elle se prostitue pour survivre.
Un jour, la police embarque la jeune femme et lui dresse un procès-verbal de notification d’un rappel à la loi. Le PV lui reproche d’avoir commis l’infraction suivante: « racolage public, en l’espèce se livrer à la prostitution sur la voie publique ».
Stella aurait pu ressortir de sa garde à vue et aller se reposer après une nuit éprouvante. Mais non, on est en France socialiste. Il faut absolument flatter l’électorat raciste et les ambitions politiques du ministre de l’intérieur de l'époque, un certain Valls, l’un et l’autre étant profondément liés. Alors, dans la foulée du PV de rappel à la loi, la police rédige une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français). Sur quelle base ? Devinez.
Non ! Et bien si !
« Considérant que l’intéressée à fait l’objet d’un rappel à la loi pour des faits de prostitution sur la voie publique… Considérant que son comportement constitue bien une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour l’intérêt fondamental de la société française… »
Oui, vous avez bien lu. Une jeune femme de 20 ans qui se prostitue constitue une menace réelle, actuelle et grave pour l’intérêt fondamental de la société française !!!
Après les terroristes islamistes voilées de la tête au pied, Hollande et Valls inventent la terroriste prostituée dénudée. Tremblez, petits moutons. Le terrorisme est partout. Tremblez et ne pensez surtout pas au chômage, aux usines qui ferment une à une, au déficit abyssal et à l’incapacité de ce gouvernement à résoudre la crise qui traverse le pays. Tremblez et surtout, ne pensez à rien d’autre.

Ca y est, vous comprenez ?

La déchéance de nationalité ne devait toucher que les terroristes condamnés pour crimes. Hollande l'a encore juré devant les caméras. Puis on est passé aux crimes et délits et puis de terrorisme on aboutit à "atteinte grave à la vie de la Nation".
Demain, le simple fait de donner 300 € à votre fils pourra vous valoir d'être déchu de la nationalité si jamais ce dernier s'amuse à partir en voyage touristique en Turquie. Une note blanche, non signée, non datée des Renseignements Généraux dira qu'il a tenté d'aller en Syrie et le tour est joué.
C'est exactement comme la loi sur le renseignement. Sous prétexte de traquer les terroristes, on met tous les citoyens sous surveillance.(3)
C'est exactement comme les perquisitions. Sur plus de 3 000, une seule mise en examen pour terrorisme.
Tout cela est totalement inefficace contre le terrorisme mais est-ce vraiment le but ?

Le terrorisme a donc de beaux jours devant lui. Valls ne cesse d'ailleurs de nous le répéter: la menace est plus grande que jamais. Ce qu'il oublie de nous dire, c'est que François Hollande a un besoin vital et absolu du terrorisme pour avoir une chance de se faire réélire. Ce n'est certainement pas sur l'inversion de la courbe du chômage ou sur son bilan calamiteux qu'il à la moindre chance.
Et dire qu'à l'époque où Sarkozy proposait la déchéance de nationalité pour les binationaux, Hollande et les socialistes hurlaient comme des vierges effarouchées.

Quel déchéance ! Quel déchet ! Vivement 2017 qu'on tire la chasse et qu'on renvoie Hollande et les socialistes d'où ils n'auraient jamais du sortir.




(3) http://philippealain.blogspot.fr/2015/03/la-dictature-cest-maintenant.html