samedi 11 juin 2016

Après la France et l'Amérique, l'ONU à genoux devant les coupeurs de têtes


© Reuters

C'est un fait sans précédent qui en dit long sur l'état de déliquescence d'un monde dont les pays et les organisations internationales sont contrôlés par des dirigeants lâches et corrompus. Alors qu'il venait de publier un rapport mettant en cause la coalition menée par l'Arabie Saoudite pour sa responsabilité dans la mort de centaines d'enfants au Yémen, le secrétaire général de l'ONU fait soudainement volte-face et retire l'Arabie Saoudite de la liste.

Des faits établis et recoupés

Le Yémen est un pays de 24 millions d'habitants qui, pour son plus grand malheur, est en proie à une guerre civile depuis 2014. Un malheur n'arrivant jamais seul, ce pays est situé à la frontière sud de l'Arabie Saoudite qui est bien décidée à ne surtout pas laisser arriver au pouvoir des chiites soutenus par l'Iran.
Le 25 mars 2015, en bon élève de l'Amérique, l'Arabie Saoudite déclenche l'opération "tempête décisive". A la tête d'une coalition d'une dizaine de pays arabes, l'armée saoudienne bombarde plusieurs aéroports ainsi que la capitale Sanaa. Depuis cette date, le conflit s'étend et les combats touchent la totalité du pays. Fidèle à son maître américain, l'Arabie Saoudite multiplie les frappes aériennes, quitte à utiliser des bombes à munitions, pourtant interdites par le droit international. Des hôpitaux, mais aussi des écoles sont touchés par les bombardements. Cette guerre a fait plus de 3 000 victimes civiles parmi lesquelles plus de 700 enfants, soit plus que les victimes de Gaza en 2014. 

Dans son rapport annuel sur le sort des enfants dans les conflits armés (1), le secrétaire général des Nations-Unies, Monsieur Ban Ki-Moon écrit: "L’ONU a établi que le nombre d’enfants tués et blessés avait sextuplé par rapport à 2014, avec un total de 1 953 victimes (785 enfants tués et 1 168 blessés). Plus de 70 % étaient des garçons."
L'ONU et son secrétaire général mettent précisément en cause les responsables: " Soixante pour cent des victimes (510 morts et 667 blessés) ont été imputées à la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et 20 % (142 morts et 247 blessés) aux houthistes. Dans 324 cas, il n’a pas été possible d’identifier la partie responsable."
On peut difficilement être plus précis. D'ailleurs, dans l'introduction du rapport, il est écrit: "L’Organisation des Nations Unies a vérifié l’exactitude de toutes les informations consignées dans le présent rapport et ses annexes... Le présent rapport et ses annexes sont le fruit de vastes consultations menées au sein du système des Nations Unies, au Siège et sur le terrain, et avec les États Membres concernés."

En résumé, l'ONU a enquêté, vérifié, recoupé et établi que la coalition dirigée par l'Arabie Saoudite, ce grand défenseur des droits de l'homme qui coupe les têtes et lapide les femmes, est directement responsable de la mort de 510 enfants au Yémen.

Dans l'annexe I du rapport, figure donc une liste:
" Liste des parties recrutant, utilisant, tuant, mutilant ou enlevant des enfants, les violant ou commettant d’autres formes de violences sexuelles à leur encontre, ou attaquant des écoles ou des hôpitaux dans des situations de conflit armé dont le Conseil de sécurité est saisi."
Et dans cette liste, à la rubrique "Yémen" figurent: le mouvement houthiste, les forces gouvernementales, Al-Quaïda et... "La coalition dirigée par l'Arabie Saoudite"

Une volte-face inédite et surréaliste:

A peine le rapport de l'ONU sorti, les dirigeants Saoudiens, grands défenseurs des droits de l'homme devant l'Eternel, font chauffer leurs téléphones. Quoi ? Comment ? Nous on ne tue pas les enfants, on les aime, on les adore. Il n'y a qu'à venir voir comment on les traite chez nous. Surtout ceux qui volent et dont on coupe les mains. Alors vous allez enlever immédiatement notre nom de cette liste ou vous allez voir de quel bois on se chauffe.

C'est Ban Ki-Moon lui même qui avoue en pleurnichant avoir agit sous la pression des monarques enturbannés: « La décision de retirer la coalition de la liste noire a été l’une des plus douloureuses et difficiles que je n’aie jamais prises », s’est-il justifié au cours d’une conférence de presse.
Ah bon, mais pourquoi avoir retiré l'Arabie Saoudite de la liste alors ? Et bien tout simplement parce qu'on lui a fait un chantage:
« J’ai aussi dû tenir compte de la perspective très réelle de voir des millions d'autres enfants souffrir gravement si, comme cela m'a été suggéré, certains pays supprimaient des financements à plusieurs programmes de l'ONU. Il y a des enfants déjà vulnérables en Palestine, au Soudan du Sud, en Syrie, au Yémen. Il est inacceptable pour des Etats membres d'exercer des pressions injustifiées »

En d'autres termes, les Saoudiens lui ont dit, soit tu retires notre nom, soit on te coupe la tête. Non, on déconne, soit on te coupe les vivres.

On arrive donc à une situation surréaliste où le secrétaire générale de l'ONU vient nous expliquer que pour le bien de certains enfants, il décide de ne pas mentionner le nom du bourreau d'autres enfants, tout simplement parce que ce bourreau est un gros enculé, pardon, un gros financeur. Exactement comme si un état renonçait à juger un terroriste sous prétexte qu'il a placé beaucoup d'argent chez lui.

Quoi ? Comment ? C'est déjà le cas ?

Un chantage à 750 milliards de dollars

Au Etats-Unis, un projet de loi est en préparation qui permettrait aux familles des victimes du 11 septembre de traîner devant les tribunaux les dirigeants de l'Arabie Saoudite afin de d'obtenir des dommages et intérêts. (2)

Pour ceux qui l'ignorent encore, 15 des 19 terroristes impliqués dans les attentats du 11 septembre étaient ressortissants d'Arabie Saoudite. Pour ceux qui l'ignorent encore, l'Arabie Saoudite a largement contribué au financement d'Al-Quaïda. Enfin, pour ceux qui ne savent ni lire, ni écrire et qui n'ont jamais entendu parler du 11 septembre, 28 pages du rapport rédigé par les autorités américaines suite aux attentats sont classées et n'ont jamais été publiées car elle mettent en cause l'Arabie Saoudite dans le financement et l'organisation des attentats.
Dans l'émission "60 minutes" de CBS (3), Bob Graham, un ex-sénateur ayant pu lire les pages confidentielles confirme toutes ces informations.

A peine ce projet de loi connu, les dirigeants saoudiens ont immédiatement sorti l'artillerie lourde et ils ont dit en substance aux américains: attention, si vous sortez cette loi permettant à votre justice de demander des comptes à nos dirigeants, nous retirons tous nos avoir chez vous, soit environ 750 milliards de dollars...
Immédiatement, Barak Obama s'est déclaré opposé à ce projet de loi.

Finalement le terrorisme arrange tout le monde

Au nom de la lutte anti-terroriste, les Américains sont donc capables d'envahir des pays, de massacrer des centaines de milliers de personnes. Ils sont aussi capables de créer des zones de non-droit pour y enfermer sans jugement des personnes qui n'ont jamais commis un seul attentat. Au nom de la lutte anti-terroriste, la France met sur écoute toute sa population, elle institutionnalise l'état d'urgence, mais elle est aussi capable de bombarder des pays souverains en y tuant, elle aussi des enfants (4). Au nom de la protection des enfants, l'ONU, sous la signature de son secrétaire général publie un rapport accablant pour ceux qui tuent ou mutilent des enfants.

Mais au nom du réalisme politique, les Américains renoncent à publier un rapport qui met en cause l'Arabie Saoudite dans les attentats du 11 septembre. Mais au nom du réalisme politique, la France offre la légion d'honneur aux dirigeants Saoudiens (5). Mais au nom du réalisme politique, l'ONU enlève de sa liste noire des pays tueurs d'enfants l'Arabie Saoudite. C'est du vraiment du réalisme ? Ne serait-ce pas plutôt de la lâcheté ou de la corruption ?

Qui finance l'Arabie Saoudite ? Les pays occidentaux qui lui achètent du pétrole.
Qui arme l'Arabie Saoudite ? Les pays occidentaux au premiers rangs desquels l'Amérique et la France qui lui vendent des armes.

Il est clair aujourd'hui que la menace terroriste est entretenue pour maintenir les peuples dans la peur et leur imposer une restriction de leurs libertés sans précédent. Il est clair également que la menace terroriste permet aux puissances coloniales d'envahir des pays souverains, d'y semer la terreur et le chaos afin de s'approprier leurs ressources.

Les pilotes Saoudiens du 11 septembre, les prisonniers de Guanatanamo, les Merah, Coulibaly ou Salah, tous ces terroristes en herbe ne sont que la face visible d'une organisation beaucoup plus importante et beaucoup plus puissante qui gère le terrorisme à l'échelle mondiale mais que personne, pas même l'ONU n'ose mettre en cause.

Alors de deux choses l'une. Soit c'est l'Arabie Saoudite et son régime qui compte parmi les plus sanguinaires de la planète qui gouverne le monde avec ses pétrodollars. Soit la vague terroriste sans précédent que nous connaissons depuis 15 ans arrange bien nos dirigeants et en aucun cas, ils ne veulent punir le vrai coupable qu'ils connaissent parfaitement.

A bien y réfléchir, les deux ne sont pas vraiment incompatibles.


(5) http://philippealain.blogspot.fr/2016/03/la-france-decore-le-terrorisme-la.html

dimanche 3 avril 2016

Viols d'enfants: nos tombes blanches valent plus que leurs enfants noirs


© AFP Issouf Sanogo


Des enquêteurs de l'UNICEF (United Nations Children's Fund) viennent une nouvelle fois de recueillir les témoignages d'une centaine d'enfants originaires de la République Centrafricaine qui affirment avoir été violés par des soldats censés les protéger parmi lesquels des soldats français de l'opération Sangaris.

Trois jeunes filles expliquent notamment avoir été "ligotées et dénudées" à l'intérieur d'un camp militaire par un officier français puis "forcées à avoir des relations sexuelles avec un chien". (1)
Ces accusations abominables contre l'armée française ne sont malheureusement pas les premières.
En février 2016, l'ONU signale que des soldats français sont accusés d'avoir obligé deux enfants à pratiquer des fellations contre de l'eau et des biscuits.
En avril 2015, The Guardian publie un rapport de l'ONU resté jusque-là confidentiel qui dénonce des faits de viols commis à Bangui entre décembre 2013 et juin 2014 par une quinzaine de soldats français. (2) Le rapport détaille les viols et les sodomies pratiquées sur des enfants sans-abri et affamés en échange de nourriture. Le plus jeune a 9 ans...

En 2015, une première sanction tombe.

Rassurez-vous, elle ne concerne pas nos vaillants soldats violeurs d’enfants affamés. La seconde victime de cette affaire, après les enfants, s’appelle Anders Kompass. Directeur des opérations de terrain au Haut Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU.
Légitimement scandalisé par les faits et voyant que rien n’avance, il transmet le rapport de l’ONU à la justice française en juillet 2014. En mars 2015, constatant que la justice française étouffe l’affaire, il diffuse le rapport confidentiel.
Cadre à l’ONU depuis 30 ans, M. Kompass est purement et simplement suspendu. On lui reproche officiellement d’avoir mis en danger les enfants violés en divulguant leur nom. On croit rêver.
Les militaires violeurs eux, sont toujours en fonction dans l’armée française, au contact de milliers d’enfant mais cela n’empêche apparemment personne de dormir et surtout pas notre vaillant ministre de la défense Le Drian, cumulard qui passe son temps dans les transports entre Paris et sa chère région Bretagne. Non seulement Le Drian dort bien, mais en plus il rêve: « si un soldat est coupable, il doit se dénoncer… » déclare-t-il le 3 mai 2015.

Du côté de chez Hollande

En avril 2015, Dominique Hollande déclare d'un ton martial: « Si certains militaires se sont mal comportés, je serai implacable» (3) La rhétorique de Hollande, chef des armées est un très mauvais signal envoyé aux victimes mais aussi à toute l’armée. Il refuse de parler de crime et se contente d’évoquer des soldats qui se seraient « mal comportés ».

Suite aux nouvelles révélations de mars 2016 impliquant des soldats français, Hollande remet le couvert: "c'est l'honneur de toute la France qui serait engagé... On ne peut pas et je ne peux pas accepter qu'il y ait la moindre tache sur la réputation de nos armées, c'est-à-dire de la France." Avant de conclure... "nos armées ont fait un travail remarquable en Centrafrique"...

Pas sur que les dizaines d'enfants violés par les soldats français, valeureux représentants de la morale française, soient du même avis que Hollande.

Alors que Paris, promet "de faire toute la lumière", du côté de l'ONU, on est un peu plus clair. Stéphane Dujarric, le porte-parole de l'ONU déclare: « Nous sommes confrontés au fait que des soldats envoyés pour protéger les habitants ont au contraire plongé au cœur des ténèbres »
Parce que la lumière, quand c'est la France qui se charge de l'établir au sujet des crimes de ses propres militaires, on l'attend toujours.

En 1994, déjà, au Rwanda, des soldats français sont accusés de viol sur des femmes lors du génocide. Une femme témoigne: "Un des trois militaires m’a brisé l’auriculaire, m’a jetée sur le lit et m’a violée. Quand le premier a eu fini, l’autre m’a violée aussi. Le troisième assistait, il ne semblait pas intéressé, alors que je criais.... ».
Vous avez entendu parler de sanctions contre les militaires français ? Moi non plus. C’était il y a 20 ans. L’enquête est toujours en cours apparemment … (4)

Fin juillet 2014, lorsque l'ONU transmet le rapport concernant les viols par ses soldats, la France ouvre une « enquête préliminaire ». Une procédure réservée normalement aux contraventions ou aux délits. Dans l’enquête préliminaire, si vous voulez menez une perquisition chez quelqu’un, il faut obligatoirement son accord. Les militaires en rigolent encore.
Le viol est un crime. Lorsqu’un crime est commis on ouvre obligatoirement une enquête judiciaire menée par un juge d’instruction. Jamais une enquête préliminaire.
Mais violer un petit noir, en France, ce n'est apparemment pas commettre un crime. C'est plutôt "mal se comporter", comme Hollande, chef des armées, aime à le dire.
Ce n'est qu'un an plus tard que la France se décide enfin à ouvrir une information judiciaire.

La dernière blague chez les soldats

En attendant, les militaires français violeurs qui savent parfaitement qu'ils ne sont pas près d'être inquiétés se marrent bien. Il paraît que la dernière blague qui court chez nos soldats héroïques qui portent bien haut les valeurs de la République Socialiste Française est plutôt salée. Ou sucrée, plus exactement.

Un officier de la force française Sangaris en République Centrafricaine vient prendre un café au mess des officiers après une longue et dure ... journée.
- Je vous sers un ptit noir, bouana ?
- Avec plaisir, mettez m’en un bien serré, c’est plus agréable.

Nos tombes valent plus que leurs enfants

En France, si vous violez une tombe dans un cimetière vous aurez immédiatement tous les médias, les ministres et les politiques de tous bords qui seront absolument scandalisés: "acte ignoble et antisémite", " insulte à la mémoire", "condamnation avec la plus grande fermeté", "acte odieux".
En revanche, si vous violez un enfant noir dans un camp militaire, personne ne vous inquiétera. Le chef de l'état, chef des armées, parlera de "mauvais comportement". Pire, on tentera de vous couvrir et d'enterrer l'affaire en mettant plus d'un an à nommer un juge d’instruction.

La France, pays autoproclamé des droits de l'homme, protège mieux les tombes blanches immaculées de ses cimetières que les enfants noirs souillés des bidonvilles d'Afrique.







vendredi 25 mars 2016

Quand la République frappe, mutile et tue ses propres enfants

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Il parait que la France est la patrie des droits de l'homme. Avec l'état d'urgence en voie de constitutionnalisation, elle est surtout devenue la patrie du non droit et des bavures policières. Aujourd'hui, plus qu'hier, les violences policières sont de plus en plus nombreuses et toujours aussi peu sanctionnées, preuve s'il en fallait qu'elles sont bien le fruit d'un système et non le fait de quelques fonctionnaires ultra violents.

Il est 06.30 ce matin du 24 mars lorsque des élèves du lycée Bergson à Paris placent des poubelles devant leur établissement afin de protester contre la nouvelle loi travail que veut leur imposer le gouvernement. Vers 09.30, des policiers en civil arrivent, puis d'autres, casqués, armés de boucliers et de gazeuses. Des jeunes jettent de la farine et des oeufs dans leur direction, la riposte est immédiate et totalement disproportionnée: gaz lacrymogène, interpellations et violences. Un témoin raconte: " Les policiers ont chargé, ils ont commencé à distribuer des coups de matraque et des balayettes, puis ont tiré des gaz lacrymogènes. Nous sommes tous partis vers l'avenue Bolivar".

Un peu plus loin, un lycéen est violemment interpellé par des policiers: "Ils l'ont rattrapé, ils lui ont fait une balayette, il est tombé au sol et ils l'ont gazé, avant de lui mettre des coups de pied".
Un autre lycéen de 15 ans, noir, est mis au sol par 3 policiers qui lui hurlent dessus: "lève-toi, lève-toi". Le jeune homme se relève. Il est tenu par les policiers et n'oppose aucune résistance. Le même policier qui lui ordonnait de se relever lui assène alors un très violent coup de poing en plein visage qui le renverse. Sa tête heurte lourdement le sol.

Un autre lycéen filme la scène sur son téléphone puis la met en ligne (1). Elle devient virale et, une fois n'est pas coutume, la totalité des médias français relatent les faits.

Une impunité quasi systématique des policiers

Le soir même, Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur ne condamne pas les agissements policiers et se déclare simplement "choqué" par les images. Il précise que l'IGPN est saisie et qu'une enquête administrative est en cours. Le policier responsable lui, n'est même pas suspendu.
L'IGPN... L'Inspection Générale de la Police Nationale... Des policiers qui enquêtent sur d'autres policiers. Un peu comme si on demandait à Cahuzac de lutter contre la fraude fiscale. Une vaste rigolade.
Rien que pour l'année 2104, l'IGPN a traité 876 enquêtes contre des fonctionnaires de police, dont la moitié pour des accusations de violences policières.
Il y a exactement une semaine, l'Organisation Non Gouvernementale ACAT (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture) publiait une enquête sur 89 cas de bavures policières entre 2005 et 2015. (2)
Sur les 89 cas étudiés par l'ACAT se trouvent 26 décès et 29 blessures irréversibles.

Dans 80% des cas, les policiers responsables ne sont pas condamnés !!!

Ce rapport précise: " Aujourd’hui, les forces de l’ordre françaises jouissent d’une relative impunité lorsqu’elles sont responsables de violences qui violent les principes de proportionnalité et de nécessité. »

Le mécanisme policier pour couvrir les bavures est bien huilé. Généralement les fonctionnaires mis en cause portent plainte contre leurs victimes pour outrage et rébellion après s'être procuré des certificats médicaux avec des interruption temporaire de travail. Le tout assaisonné d'une demande de dommages et intérêts pour le préjudice subit. Que vaut la parole d'un simple citoyen contre celle d'un fonctionnaire de l'état assermenté ? Rien.
Quand une simple plainte avec ITT ne suffit pas pour retourner la situation, les policiers n'hésitent pas à rédiger de faux procès-verbaux. A Aulnay-sous-bois en septembre 2010 par exemple, des policiers avaient tenté de faire croire qu'un automobiliste leur avait foncé dessus. Celui-ci risquait la cour d'assise et une lourde peine criminelle pour un acte qu'il n'avait jamais commis. (3)

Plus récemment, un supporter de foot de 22 ans, étudiant en master de gestion, a été mutilé par un tir de flashball au visage. La police, relayée par le procureur de la République a oser affirmer que l'étudiant était tombé tout seul sur un poteau... (4)

Enfin, plus de 16 mois après la mort de Rémi Fraisse, le militant écologiste de 21 ans tué par un gendarme lors des protestations contre le barrage de Sivens, de nouveaux témoins qui n'avaient jamais parlé aux autorités policières chargées de l'enquête, apportent un nouvel élément capital. Quand il a été tué, Rémi avait les bras en l'air et il criait: "arrêtez de tirer".
L'enquête interne, confiée à l'équivalent de l'IGPN chez les gendarmes a conclu un mois après les faits qu'aucune " faute professionnelle " n'avait été commise par les gendarmes.
Et oui. Vous ne saviez pas ? Lancer une grenade sur un jeune qui a les mains en l'air et le tuer, ce n'est pas une faute. Vous savez maintenant. Et surtout toutes les forces de police et de gendarmerie le savent. Continuez à tuer, vous ne risquez rien.

La jeunesse, priorité de Hollande... et de la police

Le 10 mars 2016, face à la montée de la colère des étudiants contre la loi travail, François Hollande déclarait à propos de la jeunesse: " C’était ma priorité, elle ne changera pas. Jusqu’à la fin du quinquennat, la jeunesse aura des ressources qui seront dégagées pour elle. "
Des ressources ? Quelles ressources ? Avec un taux de chômage de 26% chez les moins de 25 ans, la France est un des pays d'Europe où la situation des jeunes est la pire. A titre de comparaison, le taux de chômage chez les jeunes est de 5% en Allemagne.
Tu en veux des ressources ? Tiens, en attendant prends cette droite et ferme là. Je t'en filerai moi des ressources... Estime-toi heureux que je ne t'ai mis que mon poing dans la gueule, tu as échappé au tir de flashball dans l'oeil.

Cette agression intolérable doit servir d'exemple. Soit le policier n'a pas agit sur ordre et alors il doit être immédiatement suspendu avant d'être licencié de la police pour avoir salit son uniforme et sa profession en agissant comme un voyou.
Soit il a agit sur ordre, en suivant des consignes de répression des mouvements étudiants et alors c'est le ministre lui-même qui doit être viré comme un malpropre ainsi que tout ce gouvernement qui veut interdire à la jeunesse de manifester son opposition à une politique inefficace et dangereuse qui plonge le pays dans le chaos.

Le lendemain, vendredi 25 mars, des lycéens se sont regroupés pour protester contre les violences policières. Ils ont attaqué 2 commissariats. A force de protéger systématiquement ses brebis galeuses, la police, la justice et la République vont se couper définitivement d'une génération qui se sent déjà largement abandonnée. Nul ne pourra alors prévoir ce qui se passera avec des jeunes qui savent qu'aucune autre justice ne leur sera rendue que celle qu'ils se feront eux-mêmes.


© Guillaume Bonnet AFP


(4) http://philippealain.blogspot.fr/2016/02/reims-bastia-un-poteau-agresse-et.html

dimanche 6 mars 2016

La France met à l'honneur le terrorisme, la lapidation et la décapitation

©Reuters

Vendredi 4 mars 2016, dans le silence assourdissant des médias français, on apprend par l'agence de presse saoudienne SPA que François Hollande vient de remettre la Légion d'Honneur, plus haute distinction française au "Prince Mohammed bin Nayef bin Abdelaziz Al Saoud, prince héritier, vice-président du Conseil des ministres et ministre de l'Intérieur". (1) Cette nomination n'a pas été publiée au Journal Officiel.

L'Arabie Saoudite

L'Arabie Saoudite est une des dictatures les plus meurtrières de la planète. En 2015, 153 personnes ont été exécutées par pendaison, lapidation ou décapitation. C'est la pire année depuis 20 ans. L'année 2016 a été inaugurée par l'exécution de 47 personnes la même journée dont un opposant religieux Chiite, ce qui a déclenché une crise sans précédent avec l'autre grande puissance régionale: l'Iran.

L'Arabie Saoudite est le régime le plus barbare de la planète. Les femmes adultères sont lapidées. On coupe la main aux voleurs. On coupe les mains et les pieds aux auteurs d'actes de banditisme. Les personnes reconnues coupables de diffamation ou d'avoir bu de l'alcool sont fouettées sur la place publique.
Nul besoin d'être un sujet Saoudien pour se voir appliquer ces peines moyenâgeuses. Ainsi en 2015, un retraité britannique a été condamné à 350 coups de fouet parce que la police a retrouvé sur le siège arrière de son véhicule une bouteille de vin.

L'Arabie Saoudite abrite le plus célèbre prisonnier politique au monde. Fin 2014, le blogueur Raïf Badawi a été condamné à 10 ans de prison et 1 000 coups de fouet parce qu'il avait critiqué sur son blog la police religieuse saoudienne.

La France, championne auto-proclamée de la laïcité décore donc un dirigeant d'un pays où l'apostasie est punie de la peine de mort. La France, championne de la défense des droits des homosexuels décore un dirigeant d'un pays où l'homosexualité est punie de la peine de mort.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais.

Les dignitaires saoudiens, eux, sont réputés dans le monde entier pour leurs parties de débauche. Depuis des dizaines d'années, ils viennent passer l'été au large d'Ibiza dans des yachts ultra luxueux, entourés de prostituées. Récemment, ils se sont mis à débarquer sur les côtes françaises en privatisant des plages.
Fin 2015, le prince Majed ben Abdulaziz Al-Saoud est accusé d'avoir menacé de mort des employées qui refusaient ses avances sexuelles pendant un séjour à Beverly Hills. Selon elles, le prince passe sa vie à se saouler, prendre de la cocaïne et mener une vie de débauche avec des prostituées. (2)

Alors pourquoi cette décoration ?

En 2015, La France a vendu pour 16 milliards d'euros d'armement dont 13 milliards au proche-orient. Le plus gros client de la France est... l'Arabie Saoudite.
Si les pétrodollars servent à équiper le royaume saoudien qui se lance aussi dans ses propres guerres, comme celle qu'il mène au Yémen avec la bienveillance des occidentaux, la manne pétrolière est également utilisée pour équiper les voisins. Ainsi l'Arabie Saoudite finançait 
un contrat de 3 milliards d'euros destiné à la modernisation de l'armée libanaise. Contrat suspendu en raison du soutien jugé trop mou du Liban aux dirigeants Saoudiens dans leur persécution contre leurs opposants.
Et puis, le tableau ne serait pas complet si on ne mentionnait pas les Mistral. En prenant prétexte de la situation en Crimée et de la guerre civile en Ukraine, Hollande avait refusé de livrer les Mistral aux Russes, violant ainsi un contrat pourtant signé en bonne et due forme. (3)
Qui est venu sauver la face ? L'Arabie Saoudite, une fois de plus, qui a généreusement financé l'achat des deux bâtiments par une autre très grande démocratie qui brille pour son sens aigu du respect des droits de l'homme: l'Egypte.

La légion du déshonneur.

Cette remise intervient un an après les attentats de janvier qui ont ensanglanté la France. Après ces attentats revendiqués par Daesh, François Hollande avait remis la Légion d'Honneur à titre posthume à plusieurs victimes qui doivent aujourd'hui se retourner dans leur tombe en voyant qu'on décore aussi un des principaux leaders du régime qui inspire, arme et finance les plus grandes organisations terroristes de la planète.

Le régime qui est décoré à travers l'un de ses principaux dirigeants est une dictature sanguinaire qui applique à la lettre la Charia, comme l'Etat Islamique. Quelle est la différence entre Daesh, érigé faussement en ennemi numéro 1 de la France et l'Arabie Saoudite ?
Comme Daesh, l'Arabie Saoudite lapide les femmes adultères, décapite les opposants, coupe les mains aux voleurs. Mais l'Arabie Saoudite vend du pétrole à la France et surtout lui achète des armes, beaucoup d'armes.
On proposerait bien aux dirigeants de Daesh de passer quelques commandes d'armement à la France pour voir si on ne leur propose pas en plus la Légion d'Honneur.

Enfin, le prétexte de la lutte contre le terrorisme est une vaste Hollanderie, pardon, fumisterie. Une de plus. L'Arabie Saoudite a été à l'origine des principaux mouvements terroristes qui ensanglantent la planète, à commencer par Al-Quaïda et Ben Laden.
Selon l'ancien responsable français des renseignements, Bernard Squarcini, l'Arabie Saoudite est le principal financeur des mouvements terroristes en Syrie.

Alors, donner la légion d'honneur à un dignitaire saoudien pour sa contribution à la lutte anti-terroriste, c'est comme décorer un pédophile pour son amour des enfants.

C'est d'une hypocrisie sans nom. En décorant l'Arabie Saoudite François Hollande décore le terrorisme. Et oui. Parce que le terrorisme est indispensable au gouvernement actuel pour se maintenir au pouvoir.
C'est la menace terroriste qui permet au gouvernement actuel de violer toutes les libertés fondamentales dans le pays auto-proclamé des droits de l'homme. C'est encore la menace terroriste qui permet d'appeler à la sacro-sainte unité derrière François Hollande.
C'est enfin la menace terroriste qui permet d'instaurer une répression sans précédent sur toute contestation en instaurant l'état d'urgence permanent qui sera bientôt inscrit dans la constitution.
Sans Daesh, les socialistes français ne sont rien. Toute leur politique depuis 4 ans n'est qu'une succession d'échecs, aussi bien en ce qui concerne la dette, le chômage et maintenant la réforme du code du travail qui va mettre des millions de personnes dans la rue.

S'il n'y avait pas les terroristes et ceux qui les soutiennent pour faire croire aux Français que ce gouvernement sert à quelque chose, il aurait été balayé depuis longtemps. (4)

Ca vaut bien une petite médaille non ?





(4) http://philippealain.blogspot.fr/2015_11_01_archive.html

vendredi 19 février 2016

Reims - Bastia: un poteau attaque et mutile un supporter


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Si certains doutaient encore de la dépendance de nos médias en général et de I-Télé en particulier à l'égard du pouvoir, le doute n'est plus permis.

Le 17 février, une "journaliste" sur I-Télé interroge Gilles Simeoni, Président du Conseil Exécutif Corse au sujet des incidents qui ont eu lieu lors du match de foot Reims - Bastia. (1)

"Est-ce que vous condamnez ces incidents ?" commence-t-elle par demander à l'élu, comme s'il pouvait faire autre chose que condamner. Visiblement peu satisfaite de la réponse de Gilles Simeoni qui dénonce les violences, elle en remet une couche, mais attention là, elle envoie du lourd:

" Vous avez pas eu l'impression, ces jours-ci, d'avoir un peu mis de l'huile sur le feu en mettant en doute la version officielle après les incidents samedi à Reims ?" (2)

Allô ? Non mais allô. T'es journaliste et tu accuses un élu d'alimenter des violences simplement parce qu'il remet en cause la version officielle ?

Mais toi, "journaliste" de I-Télé, si au lieu de t'empresser de lécher les bottes de la police, du procureur et du pouvoir que tu sers, tu avais fait ton travail de journaliste, tu aurais probablement appris que ce n'est pas Gilles Simeoni qui remet en cause la théorie officielle, mais la victime elle-même et des témoins direct de la scène.

Rappel des faits:

Samedi 13 février, à la fin du match entre Reims et Bastia, des heurts opposent une dizaine de supporters du club corse à des policiers. 8 personnes sont interpellées et conduites en garde-à-vue. Un étudiant, Maxime, est victime d'un tir de flashball au visage de la part d'un policier et est emmené aux urgences. On apprend plus tard par l'intermédiaire du club de supporter SCB qu'il a perdu l'usage de son oeil.
Immédiatement les réseaux sociaux relaient l'information et Gilles Simeoni, Président de l'Exécutif Corse publie un communiqué de presse dans lequel il affirme que le supporter a été blessé par un tir de flashball et il demande une enquête impartiale. (3)
Le 15 février, le procureur de la république de Reims, Fabrice Belargent, relaie la version policière qui, bien évidemment, exonère totalement les policiers et prétend que le jeune s'est blessé tout seul contre un poteau: (4)

" Il y a eu une course poursuite au terme de laquelle le policier est parvenu a rattraper l'individu, heu, l'a fait chuter pour le neutraliser et selon les déclarations du policier, c'est à cet instant que l'individu aurait chuté et serait tombé, tête la première, sur un des poteaux qui borde heu, le parcours du tram...
Je vous ai apporté des photos de ces poteaux (il montre des photos des poteaux)
Et c'est à cette occasion que l'individu se serait blessé au visage. Lors de la course poursuite avec le policier, après qu'il ait été déséquilibré et qu'il ait chuté."

Jusque là, tout va bien pour le policier, le procureur et surtout notre gentille "journaliste" de I-Télé.
La seule version officielle est celle du poteau qui agresse un supporter et le mutile. Ouf, l'honneur de la police est sauf. Pas besoin de faire une enquête comme un journaliste digne de ce nom. Faut pas déconner, merde, ils ont autre chose à faire.

Mais patatras, voilà qu'apparaissent plusieurs témoignages qui dénoncent exactement le contraire. Sur France Bleu un témoin direct de la scène décrit la scène: (5)

"Ce que j'ai vu, c'est que Maxime était en train de fuir les policiers qui le poursuivaient et il s'est fait tirer dessus par un policier en civil délibérément au visage...
Maxime était poursuivi par des policiers en civil. Un avait un flashball en main. Il lui a visé délibérément à quelques mètres le visage. Quelques secondes après il s'est écroulé par terre, il a été par la suite tabassé, menotté et emmené au commissariat."

Finalement, le procureur, acculé par les témoignages et les contradictions dans la version policière est contraint d'ouvrir une information judiciaire pour "violences volontaires". Brrr. Le poteau en tremble déjà à l'idée de se retrouver en garde-à-vue.

L'impunité systématique des policiers

Et oui, seul le poteau peut craindre la justice. Le policier qui a mutilé le supporter, lui, n'a absolument rien à craindre. C'est un classique de la justice française. Depuis des années, les policiers qui s'amusent à viser le visage avec leur flashball ne sont pas inquiétés. La plupart des affaires ne vont même pas jusqu'à un procès, les procureurs classant sans suite les plaintes.

C'est ce qui est arrivé par exemple en avril 2014 pour un pompier qui a perdu son oeil suite à un tir de flashball. Le procureur de Grenoble classe sans suite pour "absence d'infraction". Si, si.  Pour ceux qui n'auraient pas bien compris, le procureur ajoute même que la grave blessure du pompier « ne résulte donc pas d'une infraction, mais de sa participation à cette manifestation violente et l'emploi de la force légitime proportionnée et nécessaire pour y faire face »
Circulez, ya rien à voir. Si vous ne voulez pas perdre un oeil, vous n'avez qu'à pas manifester.

Avec l'état d'urgence, les policiers peuvent se balader, même en dehors de leurs heures de service avec leur arme. Comme s'il n'y avait pas assez de bavures comme ça pendant les heures de service. Et puis, c'est une nouveauté aussi, les policiers vont bénéficier de la présomption de légitime défense et de l'irresponsabilité pénale. En gros, si un flic vous tire dessus, c'est forcément que vous l'avez cherché alors ne venez pas vous plaindre ensuite. (6)

Alors qu'un policier qui vient de mutiler un étudiant rédige un faux procès-verbal pour se couvrir, on a déjà vu. Qu'un procureur mente comme un arracheur de dents pour couvrir la police, on a déjà vu aussi.
Mais qu'une journaliste d'une chaîne d'information vienne reprocher à un homme politique de "mettre de l'huile sur le feu" simplement parce qu'ils ne croit pas aux mensonges officiels, ça c'est nouveau.

I-Télé et sa journaliste ont, sur cette affaire, bafoué tous les principes déontologique des journalistes, à commencer par le recoupement des sources et le respect du contradictoire.

Ce matin, en Egypte, un policier a abattu un chauffeur de taxi suite à un différend sur le prix de la course. En Egypte, il existe une loi qui punit de prison ferme tous les journalistes qui remettent en cause les versions officielles du pouvoir en matière d'attaques terroristes.

Chez I-Télé, ils se sont crus en Egypte. Ils ont cru à la version officielle de l'attaque terroriste d'un poteau contre un supporter et ils ont eu peur de la prison ferme s'ils remettaient en cause la version de la police. Mais non, journaliste de I-Télé, tu n'es pas en Egypte. Enfin pas encore. Tu as le droit de recouper tes sources, tu as le droit de donner la parole aux témoins qui étaient sur place. Tu as le droit d'enquêter et de faire du vrai travail de journaliste.
Si vraiment, ça ne te plait pas le journalisme, tu peux envoyer un CV chez Ruquier ou chez Hanouna. Peut-être que ça t'irait mieux de faire officiellement le clown et d'être payé pour ça, non ?

L'indépendance des journalistes français, décidément, c'est pas pour maintenant.







(6) http://www.metronews.fr/info/legitime-defense-pour-les-policiers-et-gendarmes-quels-changements-avec-la-nouvelle-loi/mokl!08NwlCqmVDs/

samedi 13 février 2016

La déchéance de Hollande



Jamais un Président n'aura autant menti aux Français. Sur le chômage, la dette, la menace terroriste, mais aussi sur sa vie privée. Comme si tout cela ne suffisait pas, Hollande ment maintenant comme un arracheur de dents sur la déchéance de nationalité dans le silence assourdissant et complice des médias.

Jeudi 11 février, Hollande déclare devant deux journalistes au sujet de la déchéance de nationalité: "Un terroriste qui tue des Français, parce qu'ils sont Français, se met, par son acte lui-même, en dehors de la communauté nationale." Il ajoute pour ceux qui n'auraient pas bien compris: "Ca ne concerne que des terroristes, ceux qui tuent des Français, parce qu'ils sont Français et qui portent là un acte de rupture par eux-mêmes" (1)

Soit Hollande ne sait pas lire le texte voté quelques heures auparavant à l'Assemblée, soit c'est un fieffé menteur et on peut légitimement s'interroger au passage sur la déontologie de Pujadas et de Bouleau qui savent pertinemment qu'il ment mais n'osent pas le reprendre alors qu'il manipule ouvertement l'opinion publique.

Le 16 novembre, devant l'Assemblée Nationale et le Sénat réunis en Congrès, Menteur 1er déclare ": "La déchéance de nationalité ne doit pas avoir pour résultat de rendre quelqu’un apatride, mais nous devons pouvoir déchoir de sa nationalité française un individu condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou un acte de terrorisme, même s’il est né français, je dis bien « même s’il est né français » dès lors qu’il bénéficie d’une autre nationalité. A l'époque, il promet une déchéance réservée aux binationaux, pour ne par créer d'apatrides et pour les individus condamnées pour terrorisme ou, et les mots sont importants, "pour atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation".

La version finale adoptée par l'assemblée nationale est la suivante:
«La loi fixe les règles concernant la nationalité, y compris les conditions dans lesquelles une personne peut-être déchue de la nationalité française ou des droits attachés à celle-ci lorsqu'elle est condamnée pour un crime ou un délit constituant une atteinte grave à la vie de la Nation.» (2)
Même le mot "terrorisme" a disparu. Pour le reste, on est passé des binationaux à tout le monde, c'est-à-dire que la France va être un des seuls pays au monde à créer des apatrides en violation de tous les traités internationaux. Comme le soulignent parfaitement plusieurs députés, on va en faire quoi ? Ouvrir des camps pour les parquer ?

Enfin pour les motifs de la déchéance, c'est encore plus grave puisqu'on passe de "condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation", à "condamné pour un crime ou délit constituant une atteinte grave à la vie de la nation".
On est très très loin du discours de Hollande et de son intervention télévisée. D'ailleurs, même le mot "terrorisme" a disparu. Un simple délit qui vaut aujourd'hui une amende à son auteur, pourra demain lui valoir de perdre sa nationalité si le juge s'amuse à décider que c'est une atteinte grave à la vie de la nation.

Mais qu'est ce qu'une "atteinte grave à la vie de la nation" ?

Ce concept n'est pas parfaitement défini par les textes. On nous réserve donc des surprises. Il y en a un en revanche qui est très bien défini: "l'atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation."
On pourrait penser qu'il s'agit d'attentats ou de tentatives d'attentats, voire d'espionnage ou de haute-trahison... puisque c'est le sujet. Pas du tout. "L'atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation" est fréquemment utilisée par les préfets dans le cadre des éloignements des étrangers (tiens, tiens) et là, tenez-vous bien, c'est surréaliste.

Un mendiant

Florent est attrapé par des policiers avec des casseroles et un micro-onde usagé qu'il vient de prendre dans une déchetterie et il est placé en garde à vue. Son casier judiciaire est vierge. La police lui notifie donc un simple rappel à la loi, considérant probablement que la soustraction de quelques casseroles jetées dans un benne par leur propriétaire ne constitue même pas un délit.
Dans le même temps, le préfet, lui, décide que son comportement constitue "une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour l'intérêt fondamental de la société française".
Il considère que Florent est tellement dangereux qu'il ne le place pas en rétention, ni même en assignation à résidence. Voilà donc un simple mendiant, que le préfet considère comme une menace grave pour l'intérêt fondamental de la société, libre comme l'air et pouvant à tout moment passer à l'acte... brrr, on en tremble encore.

Des manifestants

Trois manifestants écologistes participent à une manifestation interdite pour faire pression sur la participants à la COP 21. Après avoir formé une chaîne humaine, il se retrouvent encerclés, gazés et interpellés. Placés en garde-à-vue avec plus de 300 autres personnes... (il faut bien faire du chiffre), ils sont placés en rétention et reçoivent une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) qui stipule que leur comportement constitue là aussi "une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour l'intérêt fondamental de la société française".
Plus récemment, la même mésaventure est arrivée à 3 étudiantes italiennes qui participaient à une manifestation à Calais. Là encore, leur comportement constituait une menace pour l'intérêt fondamental de la société française. Après 3 jours de rétention, la préfecture a toutefois décidé de les libérer, reconnaissant implicitement l'illégalité de sa procédure.

La cerise sur le gâteau

Stella est une jolie jeune femme brune aux yeux verts. Lorsqu’elle sourit, c’est comme un rayon de soleil qui réchauffe le cœur, la grisaille environnante se dissipe et on oublie tout. Pour quelques dizaines d’euros, elle emmène les hommes au paradis. Stella a 20 ans, sans domicile et sans ressource, elle se prostitue pour survivre.
Un jour, la police embarque la jeune femme et lui dresse un procès-verbal de notification d’un rappel à la loi. Le PV lui reproche d’avoir commis l’infraction suivante: « racolage public, en l’espèce se livrer à la prostitution sur la voie publique ».
Stella aurait pu ressortir de sa garde à vue et aller se reposer après une nuit éprouvante. Mais non, on est en France socialiste. Il faut absolument flatter l’électorat raciste et les ambitions politiques du ministre de l’intérieur de l'époque, un certain Valls, l’un et l’autre étant profondément liés. Alors, dans la foulée du PV de rappel à la loi, la police rédige une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français). Sur quelle base ? Devinez.
Non ! Et bien si !
« Considérant que l’intéressée à fait l’objet d’un rappel à la loi pour des faits de prostitution sur la voie publique… Considérant que son comportement constitue bien une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour l’intérêt fondamental de la société française… »
Oui, vous avez bien lu. Une jeune femme de 20 ans qui se prostitue constitue une menace réelle, actuelle et grave pour l’intérêt fondamental de la société française !!!
Après les terroristes islamistes voilées de la tête au pied, Hollande et Valls inventent la terroriste prostituée dénudée. Tremblez, petits moutons. Le terrorisme est partout. Tremblez et ne pensez surtout pas au chômage, aux usines qui ferment une à une, au déficit abyssal et à l’incapacité de ce gouvernement à résoudre la crise qui traverse le pays. Tremblez et surtout, ne pensez à rien d’autre.

Ca y est, vous comprenez ?

La déchéance de nationalité ne devait toucher que les terroristes condamnés pour crimes. Hollande l'a encore juré devant les caméras. Puis on est passé aux crimes et délits et puis de terrorisme on aboutit à "atteinte grave à la vie de la Nation".
Demain, le simple fait de donner 300 € à votre fils pourra vous valoir d'être déchu de la nationalité si jamais ce dernier s'amuse à partir en voyage touristique en Turquie. Une note blanche, non signée, non datée des Renseignements Généraux dira qu'il a tenté d'aller en Syrie et le tour est joué.
C'est exactement comme la loi sur le renseignement. Sous prétexte de traquer les terroristes, on met tous les citoyens sous surveillance.(3)
C'est exactement comme les perquisitions. Sur plus de 3 000, une seule mise en examen pour terrorisme.
Tout cela est totalement inefficace contre le terrorisme mais est-ce vraiment le but ?

Le terrorisme a donc de beaux jours devant lui. Valls ne cesse d'ailleurs de nous le répéter: la menace est plus grande que jamais. Ce qu'il oublie de nous dire, c'est que François Hollande a un besoin vital et absolu du terrorisme pour avoir une chance de se faire réélire. Ce n'est certainement pas sur l'inversion de la courbe du chômage ou sur son bilan calamiteux qu'il à la moindre chance.
Et dire qu'à l'époque où Sarkozy proposait la déchéance de nationalité pour les binationaux, Hollande et les socialistes hurlaient comme des vierges effarouchées.

Quel déchéance ! Quel déchet ! Vivement 2017 qu'on tire la chasse et qu'on renvoie Hollande et les socialistes d'où ils n'auraient jamais du sortir.




(3) http://philippealain.blogspot.fr/2015/03/la-dictature-cest-maintenant.html