jeudi 9 février 2017

Le viol, nouvelle technique d'immobilisation de la police française ?



Jeudi 2 février 2017, un jeune homme de 22 ans est arrêté par la police à Aulnay-sous-Bois. L'intervention dégénère et l'homme doit être opéré en urgence.
Le bilan médical est accablant pour les policiers: le jeune homme souffre d'une "plaie longitudinale du canal anal" de 10 cm et d'une "section du muscle sphinctérien". Le médecin lui prescrit 60 jours d'ITT. La victime accuse les policiers de l'avoir violé avec une matraque télescopique lors de l'interpellation.
Les quatre policiers responsables de l'interpellation sont placés en garde-à-vue le lendemain et une enquête est ouverte pour "viol en réunion par personne dépositaire de l'autorité publique."
Pour leur défense, les policiers expliquent qu'un coup de matraque aurait été porté aux fesses, après que le pantalon du jeune homme soit tombé tout seul... Ce qui expliquerait, selon eux, la perforation de l'anus. On ne rigole pas, s'il vous plait, ce sont des fonctionnaires assermentés.
Dimanche 5 février, coup de théâtre, le parquet requalifie les faits, non plus en "viol en réunion" mais en "violences en réunion".

On pourrait croire qu'il s'agit là d'une bavure, d'un cas isolé, qui ne concerne en aucun cas la police en général. Ah bon ?

"Je vais te violer et ont va voir si tu filmeras la police"

Septembre 2016, un enseignant chercheur de 28 ans filme avec son téléphone portable l'interpellation mouvementée d'une femme par des policiers à la gare de Saint-Denis.
Deux policiers s'approchent de lui et le menacent: «On va te violer, ça te plaît, ça ? Je vais te violer et on va voir si après tu filmeras la police.» (1)
Selon l'enseignant, les policiers lui font ensuite des clés de bras et touchent à plusieurs reprises ses fesses. Quand ils trouvent sa carte de professeur, ils lui disent: «T’es prof ? Quand l’état islamique viendra à la Sorbonne, tu vas les regarder en te branlant ?»
Une plainte est déposée. Les policiers, eux, continuent tranquillement à faire régner la terreur, pardon la loi, dans notre belle démocratie.

Octobre 2015, Drancy, un homme de 28 ans vient d'être arrêté par la police municipale pour tapage nocturne. Alors que les policiers le forcent à monter dans un voiture pour le transférer à Bobigny, il ressent une violente douleur dans les fesses et hurle, puis se met à pleurer. Un policier lui dit: plus jamais tu parleras comme ça de la police municipale, tu te rappelleras de nous” (2)
A 4 heures du matin, il est amené en consultation chez un médecin qui constate une perforation de l'anus et lui prescrit 10 jours d'ITT. Son ADN est même retrouvé à l'extrémité de la matraque télescopique du policier. Pour sa défense, le policier explique que sa matraque a... "dérapée".
Ici encore, la "justice" veille. Le policier vient d'être jugé... pour violences volontaires, mais pas pour viol. Le procureur requiert 6 mois avec sursis. Le jugement sera rendu le 20 février.

La police ne viole pas. Elle violente. Nuance

C'est le second scandale de cette affaire. Non contents d'avoir violé un homme, ce qui est prouvé par l'examen médical réalisé immédiatement après les faits, les policiers mentent comme des arracheurs de dents afin d'aboutir à une requalification des faits. Et ils y arrivent.

Le viol est réprimé par l'article 222-23 du code pénal. Il est défini comme « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise.».
Le viol en réunion est une circonstance aggravante « Lorsqu'il est commis par plusieurs personnes agissant en qualité d'auteur ou de complice. ».
Bien évidemment, le viol par un ou des fonctionnaires de police constitue également une circonstance aggravante puisqu'il s'agit d'une "personne qui abuse de l'autorité que lui confèrent ses fonctions."
Le viol en réunion est puni d'une peine pouvant atteindre 20 ans de réclusion criminelle. (article 222-24 du code pénal)

Les violences en réunions, elles, sont punies de 3 ans de prison et 45 000 € d'amende, 7 ans de prison et 100 000 € d'amende lorsqu'elles sont commises avec plusieurs circonstances aggravantes et ici il y en a trois: violences commises par une personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions; par plusieurs personnes agissant en qualité d'auteur ou de complice; avec usage ou menace d'une arme.

Dimanche, on a donc appris que le viol était requalifié en "violences volontaires en réunion." Et hop, voilà comment échapper à la justice.
Le maire de d'Aulnay-sous-Bois lui même dénonce cette mascarade de justice: "la police est là pour protéger et non humilier nos concitoyens. Je ne comprends donc pas cette requalification. Elle est vécue comme un détournement de la vérité."

Dimanche soir, nouveau rebondissement, un policier serait finalement mis en examen pour viol, les 3 autres pour violences en réunion. On voit pourtant parfaitement sur les images vidéo (3) que ce sont quatre policiers qui interviennent et il est scandaleux que les 3 autres ne soient pas poursuivis pour complicité de viol. Bien évidemment, le violeur présumé est laissé en liberté sous contrôle judiciaire...

Le viol par accident, c'est nouveau, ça vient de sortir

Le 9 février, l'IGPN, la police des police qui enquête sur l'affaire conclue à la non intentionnalité de l'acte en expliquant qu'il s'agit d'un malheureux concours de circonstances. En gros, la police vient d'inventer le viol involontaire, à l'insu de son plein gré. Vous violez quelqu'un mais vous dites que vous n'avez pas voulu le violer et voilà... relaxe assuré. Méthode homologuée par la police. C'est nouveau, ça vient de sortir, c'est le viol par accident.
Pas sur que ça marche pour ceux qui n'ont pas d'uniforme.
Pour rappel à tous ces policiers qui ignorent le code pénal ou ne savent pas lire, le viol est constitué par "TOUT" acte de pénétration sexuelle, commis par "violence, contrainte, menace ou surprise". Article 222-23 du Code Pénal. C'est clair ?


En France, mieux vaut être policier et violer que pauvre et voler

En avril 2014, deux policiers de la BRI sont poursuivis pour avoir violé une touriste canadienne dans les locaux même de la Police Judiciaire au 36 quai des orfèvres à Paris.
La "justice" française a mis plus de 2 ans pour se prononcer. Que croyez-vous qu'il arriva ? En juillet 2016, le juge d'instruction prononce un non-lieu général. Il n'y aura même pas de procès...
Il y avait pourtant beaucoup de preuves: empreintes génétiques des policiers sur la victime, sms et même vidéos... Une opération de prélèvements d'ADN surréaliste avait eu lieu au sein du siège de la PJ... Tout ça pour ça...
En février 2016, un jeune homme de 18 ans, sans domicile fixe, s'introduit par effraction dans un maison à Figeac dans le Lot et vole du riz, des pâtes et une boîte de sardines. Il ne touche à rien d'autre et repart. Le 12 mai 2016, la "justice" française le condamne à ... 2 mois de prison ferme. (4)

Un viol en réunion, non lieu, un vol de pâtes, 2 mois fermes. Elle est pas belle la justice française ?


La France, patrie auto-proclamée des droits de l'homme

Alors que la France socialiste donne des leçons de morale au monde entier et en particulier à Trump ou Poutine, chez nous, par l'intermédiaire de ses nobles et courageux représentants policiers ou gendarmes, la république frappe, mutile ou tue ses propres enfants. (5) 

Zyed et Bouna, le lycéen de Bergson, le supporter de Bastia, Rémi Fraisse, Adama Traoré... La liste est longue de tous ces jeunes qui portent les stigmates indélébiles des violences policières quand ils n'en sont pas morts.
L'impunité dont jouit les forces de l'ordre en France est une véritable incitation à la violence qui permet à certains policiers de se conduire comme les pires des criminels. Mais à la différence des délinquants de droit commun, quand ils sont mis en cause, les policiers portent systématiquement plainte contre leurs victimes et ils ne sont que très rarement condamnés.
Tant que la police ne fera pas le ménage chez elle, et elle a beaucoup de travail, tant que les juges couvriront les bavures et que les politiques donneront un blanc-seing aux forces de police pour se comporter comme elles veulent, la fracture entre les citoyens et la police n'est pas prête de se résorber.

En Amérique, où la police blanche peut s'entraîner régulièrement au tir à balles réelles sur les citoyens noirs, on crie "no justice, no peace".
Après une marche pacifique pour protester contre les violences policières, des affrontements se sont déroulés lundi soir à Aulnay entre les jeunes et la police. Depuis, les manifestations se multiplient un peu partout en France. On dirait bien que chez nous aussi, certains commencent à douter de l'indépendance des juges et pensent qu'aucune autre justice ne leur sera rendue que celle qu'ils se feront eux-mêmes.

Pas de justice, pas de paix.


samedi 11 juin 2016

Après la France et l'Amérique, l'ONU à genoux devant les coupeurs de têtes


© Reuters

C'est un fait sans précédent qui en dit long sur l'état de déliquescence d'un monde dont les pays et les organisations internationales sont contrôlés par des dirigeants lâches et corrompus. Alors qu'il venait de publier un rapport mettant en cause la coalition menée par l'Arabie Saoudite pour sa responsabilité dans la mort de centaines d'enfants au Yémen, le secrétaire général de l'ONU fait soudainement volte-face et retire l'Arabie Saoudite de la liste.

Des faits établis et recoupés

Le Yémen est un pays de 24 millions d'habitants qui, pour son plus grand malheur, est en proie à une guerre civile depuis 2014. Un malheur n'arrivant jamais seul, ce pays est situé à la frontière sud de l'Arabie Saoudite qui est bien décidée à ne surtout pas laisser arriver au pouvoir des chiites soutenus par l'Iran.
Le 25 mars 2015, en bon élève de l'Amérique, l'Arabie Saoudite déclenche l'opération "tempête décisive". A la tête d'une coalition d'une dizaine de pays arabes, l'armée saoudienne bombarde plusieurs aéroports ainsi que la capitale Sanaa. Depuis cette date, le conflit s'étend et les combats touchent la totalité du pays. Fidèle à son maître américain, l'Arabie Saoudite multiplie les frappes aériennes, quitte à utiliser des bombes à munitions, pourtant interdites par le droit international. Des hôpitaux, mais aussi des écoles sont touchés par les bombardements. Cette guerre a fait plus de 3 000 victimes civiles parmi lesquelles plus de 700 enfants, soit plus que les victimes de Gaza en 2014. 

Dans son rapport annuel sur le sort des enfants dans les conflits armés (1), le secrétaire général des Nations-Unies, Monsieur Ban Ki-Moon écrit: "L’ONU a établi que le nombre d’enfants tués et blessés avait sextuplé par rapport à 2014, avec un total de 1 953 victimes (785 enfants tués et 1 168 blessés). Plus de 70 % étaient des garçons."
L'ONU et son secrétaire général mettent précisément en cause les responsables: " Soixante pour cent des victimes (510 morts et 667 blessés) ont été imputées à la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et 20 % (142 morts et 247 blessés) aux houthistes. Dans 324 cas, il n’a pas été possible d’identifier la partie responsable."
On peut difficilement être plus précis. D'ailleurs, dans l'introduction du rapport, il est écrit: "L’Organisation des Nations Unies a vérifié l’exactitude de toutes les informations consignées dans le présent rapport et ses annexes... Le présent rapport et ses annexes sont le fruit de vastes consultations menées au sein du système des Nations Unies, au Siège et sur le terrain, et avec les États Membres concernés."

En résumé, l'ONU a enquêté, vérifié, recoupé et établi que la coalition dirigée par l'Arabie Saoudite, ce grand défenseur des droits de l'homme qui coupe les têtes et lapide les femmes, est directement responsable de la mort de 510 enfants au Yémen.

Dans l'annexe I du rapport, figure donc une liste:
" Liste des parties recrutant, utilisant, tuant, mutilant ou enlevant des enfants, les violant ou commettant d’autres formes de violences sexuelles à leur encontre, ou attaquant des écoles ou des hôpitaux dans des situations de conflit armé dont le Conseil de sécurité est saisi."
Et dans cette liste, à la rubrique "Yémen" figurent: le mouvement houthiste, les forces gouvernementales, Al-Quaïda et... "La coalition dirigée par l'Arabie Saoudite"

Une volte-face inédite et surréaliste:

A peine le rapport de l'ONU sorti, les dirigeants Saoudiens, grands défenseurs des droits de l'homme devant l'Eternel, font chauffer leurs téléphones. Quoi ? Comment ? Nous on ne tue pas les enfants, on les aime, on les adore. Il n'y a qu'à venir voir comment on les traite chez nous. Surtout ceux qui volent et dont on coupe les mains. Alors vous allez enlever immédiatement notre nom de cette liste ou vous allez voir de quel bois on se chauffe.

C'est Ban Ki-Moon lui même qui avoue en pleurnichant avoir agit sous la pression des monarques enturbannés: « La décision de retirer la coalition de la liste noire a été l’une des plus douloureuses et difficiles que je n’aie jamais prises », s’est-il justifié au cours d’une conférence de presse.
Ah bon, mais pourquoi avoir retiré l'Arabie Saoudite de la liste alors ? Et bien tout simplement parce qu'on lui a fait un chantage:
« J’ai aussi dû tenir compte de la perspective très réelle de voir des millions d'autres enfants souffrir gravement si, comme cela m'a été suggéré, certains pays supprimaient des financements à plusieurs programmes de l'ONU. Il y a des enfants déjà vulnérables en Palestine, au Soudan du Sud, en Syrie, au Yémen. Il est inacceptable pour des Etats membres d'exercer des pressions injustifiées »

En d'autres termes, les Saoudiens lui ont dit, soit tu retires notre nom, soit on te coupe la tête. Non, on déconne, soit on te coupe les vivres.

On arrive donc à une situation surréaliste où le secrétaire générale de l'ONU vient nous expliquer que pour le bien de certains enfants, il décide de ne pas mentionner le nom du bourreau d'autres enfants, tout simplement parce que ce bourreau est un gros enculé, pardon, un gros financeur. Exactement comme si un état renonçait à juger un terroriste sous prétexte qu'il a placé beaucoup d'argent chez lui.

Quoi ? Comment ? C'est déjà le cas ?

Un chantage à 750 milliards de dollars

Au Etats-Unis, un projet de loi est en préparation qui permettrait aux familles des victimes du 11 septembre de traîner devant les tribunaux les dirigeants de l'Arabie Saoudite afin de d'obtenir des dommages et intérêts. (2)

Pour ceux qui l'ignorent encore, 15 des 19 terroristes impliqués dans les attentats du 11 septembre étaient ressortissants d'Arabie Saoudite. Pour ceux qui l'ignorent encore, l'Arabie Saoudite a largement contribué au financement d'Al-Quaïda. Enfin, pour ceux qui ne savent ni lire, ni écrire et qui n'ont jamais entendu parler du 11 septembre, 28 pages du rapport rédigé par les autorités américaines suite aux attentats sont classées et n'ont jamais été publiées car elle mettent en cause l'Arabie Saoudite dans le financement et l'organisation des attentats.
Dans l'émission "60 minutes" de CBS (3), Bob Graham, un ex-sénateur ayant pu lire les pages confidentielles confirme toutes ces informations.

A peine ce projet de loi connu, les dirigeants saoudiens ont immédiatement sorti l'artillerie lourde et ils ont dit en substance aux américains: attention, si vous sortez cette loi permettant à votre justice de demander des comptes à nos dirigeants, nous retirons tous nos avoir chez vous, soit environ 750 milliards de dollars...
Immédiatement, Barak Obama s'est déclaré opposé à ce projet de loi.

Finalement le terrorisme arrange tout le monde

Au nom de la lutte anti-terroriste, les Américains sont donc capables d'envahir des pays, de massacrer des centaines de milliers de personnes. Ils sont aussi capables de créer des zones de non-droit pour y enfermer sans jugement des personnes qui n'ont jamais commis un seul attentat. Au nom de la lutte anti-terroriste, la France met sur écoute toute sa population, elle institutionnalise l'état d'urgence, mais elle est aussi capable de bombarder des pays souverains en y tuant, elle aussi des enfants (4). Au nom de la protection des enfants, l'ONU, sous la signature de son secrétaire général publie un rapport accablant pour ceux qui tuent ou mutilent des enfants.

Mais au nom du réalisme politique, les Américains renoncent à publier un rapport qui met en cause l'Arabie Saoudite dans les attentats du 11 septembre. Mais au nom du réalisme politique, la France offre la légion d'honneur aux dirigeants Saoudiens (5). Mais au nom du réalisme politique, l'ONU enlève de sa liste noire des pays tueurs d'enfants l'Arabie Saoudite. C'est du vraiment du réalisme ? Ne serait-ce pas plutôt de la lâcheté ou de la corruption ?

Qui finance l'Arabie Saoudite ? Les pays occidentaux qui lui achètent du pétrole.
Qui arme l'Arabie Saoudite ? Les pays occidentaux au premiers rangs desquels l'Amérique et la France qui lui vendent des armes.

Il est clair aujourd'hui que la menace terroriste est entretenue pour maintenir les peuples dans la peur et leur imposer une restriction de leurs libertés sans précédent. Il est clair également que la menace terroriste permet aux puissances coloniales d'envahir des pays souverains, d'y semer la terreur et le chaos afin de s'approprier leurs ressources.

Les pilotes Saoudiens du 11 septembre, les prisonniers de Guanatanamo, les Merah, Coulibaly ou Salah, tous ces terroristes en herbe ne sont que la face visible d'une organisation beaucoup plus importante et beaucoup plus puissante qui gère le terrorisme à l'échelle mondiale mais que personne, pas même l'ONU n'ose mettre en cause.

Alors de deux choses l'une. Soit c'est l'Arabie Saoudite et son régime qui compte parmi les plus sanguinaires de la planète qui gouverne le monde avec ses pétrodollars. Soit la vague terroriste sans précédent que nous connaissons depuis 15 ans arrange bien nos dirigeants et en aucun cas, ils ne veulent punir le vrai coupable qu'ils connaissent parfaitement.

A bien y réfléchir, les deux ne sont pas vraiment incompatibles.


(5) http://philippealain.blogspot.fr/2016/03/la-france-decore-le-terrorisme-la.html

dimanche 3 avril 2016

Viols d'enfants: nos tombes blanches valent plus que leurs enfants noirs


© AFP Issouf Sanogo


Des enquêteurs de l'UNICEF (United Nations Children's Fund) viennent une nouvelle fois de recueillir les témoignages d'une centaine d'enfants originaires de la République Centrafricaine qui affirment avoir été violés par des soldats censés les protéger parmi lesquels des soldats français de l'opération Sangaris.

Trois jeunes filles expliquent notamment avoir été "ligotées et dénudées" à l'intérieur d'un camp militaire par un officier français puis "forcées à avoir des relations sexuelles avec un chien". (1)
Ces accusations abominables contre l'armée française ne sont malheureusement pas les premières.
En février 2016, l'ONU signale que des soldats français sont accusés d'avoir obligé deux enfants à pratiquer des fellations contre de l'eau et des biscuits.
En avril 2015, The Guardian publie un rapport de l'ONU resté jusque-là confidentiel qui dénonce des faits de viols commis à Bangui entre décembre 2013 et juin 2014 par une quinzaine de soldats français. (2) Le rapport détaille les viols et les sodomies pratiquées sur des enfants sans-abri et affamés en échange de nourriture. Le plus jeune a 9 ans...

En 2015, une première sanction tombe.

Rassurez-vous, elle ne concerne pas nos vaillants soldats violeurs d’enfants affamés. La seconde victime de cette affaire, après les enfants, s’appelle Anders Kompass. Directeur des opérations de terrain au Haut Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU.
Légitimement scandalisé par les faits et voyant que rien n’avance, il transmet le rapport de l’ONU à la justice française en juillet 2014. En mars 2015, constatant que la justice française étouffe l’affaire, il diffuse le rapport confidentiel.
Cadre à l’ONU depuis 30 ans, M. Kompass est purement et simplement suspendu. On lui reproche officiellement d’avoir mis en danger les enfants violés en divulguant leur nom. On croit rêver.
Les militaires violeurs eux, sont toujours en fonction dans l’armée française, au contact de milliers d’enfant mais cela n’empêche apparemment personne de dormir et surtout pas notre vaillant ministre de la défense Le Drian, cumulard qui passe son temps dans les transports entre Paris et sa chère région Bretagne. Non seulement Le Drian dort bien, mais en plus il rêve: « si un soldat est coupable, il doit se dénoncer… » déclare-t-il le 3 mai 2015.

Du côté de chez Hollande

En avril 2015, Dominique Hollande déclare d'un ton martial: « Si certains militaires se sont mal comportés, je serai implacable» (3) La rhétorique de Hollande, chef des armées est un très mauvais signal envoyé aux victimes mais aussi à toute l’armée. Il refuse de parler de crime et se contente d’évoquer des soldats qui se seraient « mal comportés ».

Suite aux nouvelles révélations de mars 2016 impliquant des soldats français, Hollande remet le couvert: "c'est l'honneur de toute la France qui serait engagé... On ne peut pas et je ne peux pas accepter qu'il y ait la moindre tache sur la réputation de nos armées, c'est-à-dire de la France." Avant de conclure... "nos armées ont fait un travail remarquable en Centrafrique"...

Pas sur que les dizaines d'enfants violés par les soldats français, valeureux représentants de la morale française, soient du même avis que Hollande.

Alors que Paris, promet "de faire toute la lumière", du côté de l'ONU, on est un peu plus clair. Stéphane Dujarric, le porte-parole de l'ONU déclare: « Nous sommes confrontés au fait que des soldats envoyés pour protéger les habitants ont au contraire plongé au cœur des ténèbres »
Parce que la lumière, quand c'est la France qui se charge de l'établir au sujet des crimes de ses propres militaires, on l'attend toujours.

En 1994, déjà, au Rwanda, des soldats français sont accusés de viol sur des femmes lors du génocide. Une femme témoigne: "Un des trois militaires m’a brisé l’auriculaire, m’a jetée sur le lit et m’a violée. Quand le premier a eu fini, l’autre m’a violée aussi. Le troisième assistait, il ne semblait pas intéressé, alors que je criais.... ».
Vous avez entendu parler de sanctions contre les militaires français ? Moi non plus. C’était il y a 20 ans. L’enquête est toujours en cours apparemment … (4)

Fin juillet 2014, lorsque l'ONU transmet le rapport concernant les viols par ses soldats, la France ouvre une « enquête préliminaire ». Une procédure réservée normalement aux contraventions ou aux délits. Dans l’enquête préliminaire, si vous voulez menez une perquisition chez quelqu’un, il faut obligatoirement son accord. Les militaires en rigolent encore.
Le viol est un crime. Lorsqu’un crime est commis on ouvre obligatoirement une enquête judiciaire menée par un juge d’instruction. Jamais une enquête préliminaire.
Mais violer un petit noir, en France, ce n'est apparemment pas commettre un crime. C'est plutôt "mal se comporter", comme Hollande, chef des armées, aime à le dire.
Ce n'est qu'un an plus tard que la France se décide enfin à ouvrir une information judiciaire.

La dernière blague chez les soldats

En attendant, les militaires français violeurs qui savent parfaitement qu'ils ne sont pas près d'être inquiétés se marrent bien. Il paraît que la dernière blague qui court chez nos soldats héroïques qui portent bien haut les valeurs de la République Socialiste Française est plutôt salée. Ou sucrée, plus exactement.

Un officier de la force française Sangaris en République Centrafricaine vient prendre un café au mess des officiers après une longue et dure ... journée.
- Je vous sers un ptit noir, bouana ?
- Avec plaisir, mettez m’en un bien serré, c’est plus agréable.

Nos tombes valent plus que leurs enfants

En France, si vous violez une tombe dans un cimetière vous aurez immédiatement tous les médias, les ministres et les politiques de tous bords qui seront absolument scandalisés: "acte ignoble et antisémite", " insulte à la mémoire", "condamnation avec la plus grande fermeté", "acte odieux".
En revanche, si vous violez un enfant noir dans un camp militaire, personne ne vous inquiétera. Le chef de l'état, chef des armées, parlera de "mauvais comportement". Pire, on tentera de vous couvrir et d'enterrer l'affaire en mettant plus d'un an à nommer un juge d’instruction.

La France, pays autoproclamé des droits de l'homme, protège mieux les tombes blanches immaculées de ses cimetières que les enfants noirs souillés des bidonvilles d'Afrique.







vendredi 25 mars 2016

Quand la République frappe, mutile et tue ses propres enfants

video


Il parait que la France est la patrie des droits de l'homme. Avec l'état d'urgence en voie de constitutionnalisation, elle est surtout devenue la patrie du non droit et des bavures policières. Aujourd'hui, plus qu'hier, les violences policières sont de plus en plus nombreuses et toujours aussi peu sanctionnées, preuve s'il en fallait qu'elles sont bien le fruit d'un système et non le fait de quelques fonctionnaires ultra violents.

Il est 06.30 ce matin du 24 mars lorsque des élèves du lycée Bergson à Paris placent des poubelles devant leur établissement afin de protester contre la nouvelle loi travail que veut leur imposer le gouvernement. Vers 09.30, des policiers en civil arrivent, puis d'autres, casqués, armés de boucliers et de gazeuses. Des jeunes jettent de la farine et des oeufs dans leur direction, la riposte est immédiate et totalement disproportionnée: gaz lacrymogène, interpellations et violences. Un témoin raconte: " Les policiers ont chargé, ils ont commencé à distribuer des coups de matraque et des balayettes, puis ont tiré des gaz lacrymogènes. Nous sommes tous partis vers l'avenue Bolivar".

Un peu plus loin, un lycéen est violemment interpellé par des policiers: "Ils l'ont rattrapé, ils lui ont fait une balayette, il est tombé au sol et ils l'ont gazé, avant de lui mettre des coups de pied".
Un autre lycéen de 15 ans, noir, est mis au sol par 3 policiers qui lui hurlent dessus: "lève-toi, lève-toi". Le jeune homme se relève. Il est tenu par les policiers et n'oppose aucune résistance. Le même policier qui lui ordonnait de se relever lui assène alors un très violent coup de poing en plein visage qui le renverse. Sa tête heurte lourdement le sol.

Un autre lycéen filme la scène sur son téléphone puis la met en ligne (1). Elle devient virale et, une fois n'est pas coutume, la totalité des médias français relatent les faits.

Une impunité quasi systématique des policiers

Le soir même, Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur ne condamne pas les agissements policiers et se déclare simplement "choqué" par les images. Il précise que l'IGPN est saisie et qu'une enquête administrative est en cours. Le policier responsable lui, n'est même pas suspendu.
L'IGPN... L'Inspection Générale de la Police Nationale... Des policiers qui enquêtent sur d'autres policiers. Un peu comme si on demandait à Cahuzac de lutter contre la fraude fiscale. Une vaste rigolade.
Rien que pour l'année 2104, l'IGPN a traité 876 enquêtes contre des fonctionnaires de police, dont la moitié pour des accusations de violences policières.
Il y a exactement une semaine, l'Organisation Non Gouvernementale ACAT (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture) publiait une enquête sur 89 cas de bavures policières entre 2005 et 2015. (2)
Sur les 89 cas étudiés par l'ACAT se trouvent 26 décès et 29 blessures irréversibles.

Dans 80% des cas, les policiers responsables ne sont pas condamnés !!!

Ce rapport précise: " Aujourd’hui, les forces de l’ordre françaises jouissent d’une relative impunité lorsqu’elles sont responsables de violences qui violent les principes de proportionnalité et de nécessité. »

Le mécanisme policier pour couvrir les bavures est bien huilé. Généralement les fonctionnaires mis en cause portent plainte contre leurs victimes pour outrage et rébellion après s'être procuré des certificats médicaux avec des interruption temporaire de travail. Le tout assaisonné d'une demande de dommages et intérêts pour le préjudice subit. Que vaut la parole d'un simple citoyen contre celle d'un fonctionnaire de l'état assermenté ? Rien.
Quand une simple plainte avec ITT ne suffit pas pour retourner la situation, les policiers n'hésitent pas à rédiger de faux procès-verbaux. A Aulnay-sous-bois en septembre 2010 par exemple, des policiers avaient tenté de faire croire qu'un automobiliste leur avait foncé dessus. Celui-ci risquait la cour d'assise et une lourde peine criminelle pour un acte qu'il n'avait jamais commis. (3)

Plus récemment, un supporter de foot de 22 ans, étudiant en master de gestion, a été mutilé par un tir de flashball au visage. La police, relayée par le procureur de la République a oser affirmer que l'étudiant était tombé tout seul sur un poteau... (4)

Enfin, plus de 16 mois après la mort de Rémi Fraisse, le militant écologiste de 21 ans tué par un gendarme lors des protestations contre le barrage de Sivens, de nouveaux témoins qui n'avaient jamais parlé aux autorités policières chargées de l'enquête, apportent un nouvel élément capital. Quand il a été tué, Rémi avait les bras en l'air et il criait: "arrêtez de tirer".
L'enquête interne, confiée à l'équivalent de l'IGPN chez les gendarmes a conclu un mois après les faits qu'aucune " faute professionnelle " n'avait été commise par les gendarmes.
Et oui. Vous ne saviez pas ? Lancer une grenade sur un jeune qui a les mains en l'air et le tuer, ce n'est pas une faute. Vous savez maintenant. Et surtout toutes les forces de police et de gendarmerie le savent. Continuez à tuer, vous ne risquez rien.

La jeunesse, priorité de Hollande... et de la police

Le 10 mars 2016, face à la montée de la colère des étudiants contre la loi travail, François Hollande déclarait à propos de la jeunesse: " C’était ma priorité, elle ne changera pas. Jusqu’à la fin du quinquennat, la jeunesse aura des ressources qui seront dégagées pour elle. "
Des ressources ? Quelles ressources ? Avec un taux de chômage de 26% chez les moins de 25 ans, la France est un des pays d'Europe où la situation des jeunes est la pire. A titre de comparaison, le taux de chômage chez les jeunes est de 5% en Allemagne.
Tu en veux des ressources ? Tiens, en attendant prends cette droite et ferme là. Je t'en filerai moi des ressources... Estime-toi heureux que je ne t'ai mis que mon poing dans la gueule, tu as échappé au tir de flashball dans l'oeil.

Cette agression intolérable doit servir d'exemple. Soit le policier n'a pas agit sur ordre et alors il doit être immédiatement suspendu avant d'être licencié de la police pour avoir salit son uniforme et sa profession en agissant comme un voyou.
Soit il a agit sur ordre, en suivant des consignes de répression des mouvements étudiants et alors c'est le ministre lui-même qui doit être viré comme un malpropre ainsi que tout ce gouvernement qui veut interdire à la jeunesse de manifester son opposition à une politique inefficace et dangereuse qui plonge le pays dans le chaos.

Le lendemain, vendredi 25 mars, des lycéens se sont regroupés pour protester contre les violences policières. Ils ont attaqué 2 commissariats. A force de protéger systématiquement ses brebis galeuses, la police, la justice et la République vont se couper définitivement d'une génération qui se sent déjà largement abandonnée. Nul ne pourra alors prévoir ce qui se passera avec des jeunes qui savent qu'aucune autre justice ne leur sera rendue que celle qu'ils se feront eux-mêmes.


© Guillaume Bonnet AFP


(4) http://philippealain.blogspot.fr/2016/02/reims-bastia-un-poteau-agresse-et.html