jeudi 7 juillet 2016

Euro 2016: l'Afrique en finale


© Kai Pfaffenbach / REUTERS

L'équipe de France qui a battu 2 à 0 l'équipe d'Allemagne est composée de 7 joueurs d'origine africaine dont plusieurs possèdent d'ailleurs la double nationalité: Samuel Umtiti (Cameroun), Patrice Evra (Sénégal), Bacary Sagna (Sénégal), Paul Pogba (Guinée), Blaise Matuidi (Angola), N'Golo Kanté (Mali), Moussa Sissoko (Mali).

Hier, au stade Vélodrome à Marseille, Hollande, Valls, Cazeneuve avaient effectué le déplacement pour applaudir les stars de l'équipe de France. Mais cet amour de nos dirigeants pour des citoyens français d'origine africaine est assez nouveau et très opportuniste.

Rappelez-vous il y a quelques années, Manuel Valls n'affichait pas un amour passionné pour ses administrés un peu trop colorés, lui qui demandait à ses collaborateurs de mettre plus de "blancs", de "white", de "blancos" dans sa ville d'Evry. (1)

Cet été encore, grâce à la politique migratoire de Hollande, des millions de touristes vont patauger dans l'eau ou baignent les cadavres encore chauds des migrants africains qui se noient par milliers en tentant leur chance en Europe.

Chaque semaine, sur ordre de nos chers dirigeants socialistes qui adorent les noirs, pourvu qu'ils jouent bien au football, des centaines de migrants africains sont expulsés manu militari des bidonvilles indignes dans lesquels on les parque provisoirement avant de les renvoyer au pays.

Le foot a bon dos et nos dirigeants savent bien en profiter. Dans la Rome antique on offrait à la plèbe les jeux du cirque. En France socialiste, on offre au peuple l'Euro de foot. Que les Français soient plus nombreux à fêter 2 buts qu'à manifester contre le 49.3 et le viol de la démocratie par les socialistes en dit long sur l'état de notre pays.

La volonté des dirigeants de s'afficher lors des matchs n'est pas innocente. Au plus bas dans les sondages, ils ne veulent surtout pas rater la dernière occasion qui leur reste de se refaire une santé avant les élections de 2017. Vous imaginez le tableau ? Hollande et son gouvernement recevant l'Equipe de France, Championne d'Europe, à l'Elysée... Pas sur que Valls réclame plus de blancos sur la photo cette fois.

Finie la loi travail, finies les grèves à répétition, finies les violences policières, finies les conséquences du Brexit. La vie en rose, quoi.

Aujourd'hui, les vrais vainqueurs ne sont certainement pas les Français qui chantent à tue-tête dans la rue la victoire des blacks, pardon, des bleus. Ce sont Hollande et Valls qui peuvent continuer tranquillement leur entreprise méthodique de démolition du pays en priant que l'armada africaine de l'équipe de France les conduise à la victoire dimanche prochain.







samedi 11 juin 2016

Après la France et l'Amérique, l'ONU à genoux devant les coupeurs de têtes


© Reuters

C'est un fait sans précédent qui en dit long sur l'état de déliquescence d'un monde dont les pays et les organisations internationales sont contrôlés par des dirigeants lâches et corrompus. Alors qu'il venait de publier un rapport mettant en cause la coalition menée par l'Arabie Saoudite pour sa responsabilité dans la mort de centaines d'enfants au Yémen, le secrétaire général de l'ONU fait soudainement volte-face et retire l'Arabie Saoudite de la liste.

Des faits établis et recoupés

Le Yémen est un pays de 24 millions d'habitants qui, pour son plus grand malheur, est en proie à une guerre civile depuis 2014. Un malheur n'arrivant jamais seul, ce pays est situé à la frontière sud de l'Arabie Saoudite qui est bien décidée à ne surtout pas laisser arriver au pouvoir des chiites soutenus par l'Iran.
Le 25 mars 2015, en bon élève de l'Amérique, l'Arabie Saoudite déclenche l'opération "tempête décisive". A la tête d'une coalition d'une dizaine de pays arabes, l'armée saoudienne bombarde plusieurs aéroports ainsi que la capitale Sanaa. Depuis cette date, le conflit s'étend et les combats touchent la totalité du pays. Fidèle à son maître américain, l'Arabie Saoudite multiplie les frappes aériennes, quitte à utiliser des bombes à munitions, pourtant interdites par le droit international. Des hôpitaux, mais aussi des écoles sont touchés par les bombardements. Cette guerre a fait plus de 3 000 victimes civiles parmi lesquelles plus de 700 enfants, soit plus que les victimes de Gaza en 2014. 

Dans son rapport annuel sur le sort des enfants dans les conflits armés (1), le secrétaire général des Nations-Unies, Monsieur Ban Ki-Moon écrit: "L’ONU a établi que le nombre d’enfants tués et blessés avait sextuplé par rapport à 2014, avec un total de 1 953 victimes (785 enfants tués et 1 168 blessés). Plus de 70 % étaient des garçons."
L'ONU et son secrétaire général mettent précisément en cause les responsables: " Soixante pour cent des victimes (510 morts et 667 blessés) ont été imputées à la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et 20 % (142 morts et 247 blessés) aux houthistes. Dans 324 cas, il n’a pas été possible d’identifier la partie responsable."
On peut difficilement être plus précis. D'ailleurs, dans l'introduction du rapport, il est écrit: "L’Organisation des Nations Unies a vérifié l’exactitude de toutes les informations consignées dans le présent rapport et ses annexes... Le présent rapport et ses annexes sont le fruit de vastes consultations menées au sein du système des Nations Unies, au Siège et sur le terrain, et avec les États Membres concernés."

En résumé, l'ONU a enquêté, vérifié, recoupé et établi que la coalition dirigée par l'Arabie Saoudite, ce grand défenseur des droits de l'homme qui coupe les têtes et lapide les femmes, est directement responsable de la mort de 510 enfants au Yémen.

Dans l'annexe I du rapport, figure donc une liste:
" Liste des parties recrutant, utilisant, tuant, mutilant ou enlevant des enfants, les violant ou commettant d’autres formes de violences sexuelles à leur encontre, ou attaquant des écoles ou des hôpitaux dans des situations de conflit armé dont le Conseil de sécurité est saisi."
Et dans cette liste, à la rubrique "Yémen" figurent: le mouvement houthiste, les forces gouvernementales, Al-Quaïda et... "La coalition dirigée par l'Arabie Saoudite"

Une volte-face inédite et surréaliste:

A peine le rapport de l'ONU sorti, les dirigeants Saoudiens, grands défenseurs des droits de l'homme devant l'Eternel, font chauffer leurs téléphones. Quoi ? Comment ? Nous on ne tue pas les enfants, on les aime, on les adore. Il n'y a qu'à venir voir comment on les traite chez nous. Surtout ceux qui volent et dont on coupe les mains. Alors vous allez enlever immédiatement notre nom de cette liste ou vous allez voir de quel bois on se chauffe.

C'est Ban Ki-Moon lui même qui avoue en pleurnichant avoir agit sous la pression des monarques enturbannés: « La décision de retirer la coalition de la liste noire a été l’une des plus douloureuses et difficiles que je n’aie jamais prises », s’est-il justifié au cours d’une conférence de presse.
Ah bon, mais pourquoi avoir retiré l'Arabie Saoudite de la liste alors ? Et bien tout simplement parce qu'on lui a fait un chantage:
« J’ai aussi dû tenir compte de la perspective très réelle de voir des millions d'autres enfants souffrir gravement si, comme cela m'a été suggéré, certains pays supprimaient des financements à plusieurs programmes de l'ONU. Il y a des enfants déjà vulnérables en Palestine, au Soudan du Sud, en Syrie, au Yémen. Il est inacceptable pour des Etats membres d'exercer des pressions injustifiées »

En d'autres termes, les Saoudiens lui ont dit, soit tu retires notre nom, soit on te coupe la tête. Non, on déconne, soit on te coupe les vivres.

On arrive donc à une situation surréaliste où le secrétaire générale de l'ONU vient nous expliquer que pour le bien de certains enfants, il décide de ne pas mentionner le nom du bourreau d'autres enfants, tout simplement parce que ce bourreau est un gros enculé, pardon, un gros financeur. Exactement comme si un état renonçait à juger un terroriste sous prétexte qu'il a placé beaucoup d'argent chez lui.

Quoi ? Comment ? C'est déjà le cas ?

Un chantage à 750 milliards de dollars

Au Etats-Unis, un projet de loi est en préparation qui permettrait aux familles des victimes du 11 septembre de traîner devant les tribunaux les dirigeants de l'Arabie Saoudite afin de d'obtenir des dommages et intérêts. (2)

Pour ceux qui l'ignorent encore, 15 des 19 terroristes impliqués dans les attentats du 11 septembre étaient ressortissants d'Arabie Saoudite. Pour ceux qui l'ignorent encore, l'Arabie Saoudite a largement contribué au financement d'Al-Quaïda. Enfin, pour ceux qui ne savent ni lire, ni écrire et qui n'ont jamais entendu parler du 11 septembre, 28 pages du rapport rédigé par les autorités américaines suite aux attentats sont classées et n'ont jamais été publiées car elle mettent en cause l'Arabie Saoudite dans le financement et l'organisation des attentats.
Dans l'émission "60 minutes" de CBS (3), Bob Graham, un ex-sénateur ayant pu lire les pages confidentielles confirme toutes ces informations.

A peine ce projet de loi connu, les dirigeants saoudiens ont immédiatement sorti l'artillerie lourde et ils ont dit en substance aux américains: attention, si vous sortez cette loi permettant à votre justice de demander des comptes à nos dirigeants, nous retirons tous nos avoir chez vous, soit environ 750 milliards de dollars...
Immédiatement, Barak Obama s'est déclaré opposé à ce projet de loi.

Finalement le terrorisme arrange tout le monde

Au nom de la lutte anti-terroriste, les Américains sont donc capables d'envahir des pays, de massacrer des centaines de milliers de personnes. Ils sont aussi capables de créer des zones de non-droit pour y enfermer sans jugement des personnes qui n'ont jamais commis un seul attentat. Au nom de la lutte anti-terroriste, la France met sur écoute toute sa population, elle institutionnalise l'état d'urgence, mais elle est aussi capable de bombarder des pays souverains en y tuant, elle aussi des enfants (4). Au nom de la protection des enfants, l'ONU, sous la signature de son secrétaire général publie un rapport accablant pour ceux qui tuent ou mutilent des enfants.

Mais au nom du réalisme politique, les Américains renoncent à publier un rapport qui met en cause l'Arabie Saoudite dans les attentats du 11 septembre. Mais au nom du réalisme politique, la France offre la légion d'honneur aux dirigeants Saoudiens (5). Mais au nom du réalisme politique, l'ONU enlève de sa liste noire des pays tueurs d'enfants l'Arabie Saoudite. C'est du vraiment du réalisme ? Ne serait-ce pas plutôt de la lâcheté ou de la corruption ?

Qui finance l'Arabie Saoudite ? Les pays occidentaux qui lui achètent du pétrole.
Qui arme l'Arabie Saoudite ? Les pays occidentaux au premiers rangs desquels l'Amérique et la France qui lui vendent des armes.

Il est clair aujourd'hui que la menace terroriste est entretenue pour maintenir les peuples dans la peur et leur imposer une restriction de leurs libertés sans précédent. Il est clair également que la menace terroriste permet aux puissances coloniales d'envahir des pays souverains, d'y semer la terreur et le chaos afin de s'approprier leurs ressources.

Les pilotes Saoudiens du 11 septembre, les prisonniers de Guanatanamo, les Merah, Coulibaly ou Salah, tous ces terroristes en herbe ne sont que la face visible d'une organisation beaucoup plus importante et beaucoup plus puissante qui gère le terrorisme à l'échelle mondiale mais que personne, pas même l'ONU n'ose mettre en cause.

Alors de deux choses l'une. Soit c'est l'Arabie Saoudite et son régime qui compte parmi les plus sanguinaires de la planète qui gouverne le monde avec ses pétrodollars. Soit la vague terroriste sans précédent que nous connaissons depuis 15 ans arrange bien nos dirigeants et en aucun cas, ils ne veulent punir le vrai coupable qu'ils connaissent parfaitement.

A bien y réfléchir, les deux ne sont pas vraiment incompatibles.


(5) http://philippealain.blogspot.fr/2016/03/la-france-decore-le-terrorisme-la.html

dimanche 3 avril 2016

Viols d'enfants: nos tombes blanches valent plus que leurs enfants noirs


© AFP Issouf Sanogo


Des enquêteurs de l'UNICEF (United Nations Children's Fund) viennent une nouvelle fois de recueillir les témoignages d'une centaine d'enfants originaires de la République Centrafricaine qui affirment avoir été violés par des soldats censés les protéger parmi lesquels des soldats français de l'opération Sangaris.

Trois jeunes filles expliquent notamment avoir été "ligotées et dénudées" à l'intérieur d'un camp militaire par un officier français puis "forcées à avoir des relations sexuelles avec un chien". (1)
Ces accusations abominables contre l'armée française ne sont malheureusement pas les premières.
En février 2016, l'ONU signale que des soldats français sont accusés d'avoir obligé deux enfants à pratiquer des fellations contre de l'eau et des biscuits.
En avril 2015, The Guardian publie un rapport de l'ONU resté jusque-là confidentiel qui dénonce des faits de viols commis à Bangui entre décembre 2013 et juin 2014 par une quinzaine de soldats français. (2) Le rapport détaille les viols et les sodomies pratiquées sur des enfants sans-abri et affamés en échange de nourriture. Le plus jeune a 9 ans...

En 2015, une première sanction tombe.

Rassurez-vous, elle ne concerne pas nos vaillants soldats violeurs d’enfants affamés. La seconde victime de cette affaire, après les enfants, s’appelle Anders Kompass. Directeur des opérations de terrain au Haut Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU.
Légitimement scandalisé par les faits et voyant que rien n’avance, il transmet le rapport de l’ONU à la justice française en juillet 2014. En mars 2015, constatant que la justice française étouffe l’affaire, il diffuse le rapport confidentiel.
Cadre à l’ONU depuis 30 ans, M. Kompass est purement et simplement suspendu. On lui reproche officiellement d’avoir mis en danger les enfants violés en divulguant leur nom. On croit rêver.
Les militaires violeurs eux, sont toujours en fonction dans l’armée française, au contact de milliers d’enfant mais cela n’empêche apparemment personne de dormir et surtout pas notre vaillant ministre de la défense Le Drian, cumulard qui passe son temps dans les transports entre Paris et sa chère région Bretagne. Non seulement Le Drian dort bien, mais en plus il rêve: « si un soldat est coupable, il doit se dénoncer… » déclare-t-il le 3 mai 2015.

Du côté de chez Hollande

En avril 2015, Dominique Hollande déclare d'un ton martial: « Si certains militaires se sont mal comportés, je serai implacable» (3) La rhétorique de Hollande, chef des armées est un très mauvais signal envoyé aux victimes mais aussi à toute l’armée. Il refuse de parler de crime et se contente d’évoquer des soldats qui se seraient « mal comportés ».

Suite aux nouvelles révélations de mars 2016 impliquant des soldats français, Hollande remet le couvert: "c'est l'honneur de toute la France qui serait engagé... On ne peut pas et je ne peux pas accepter qu'il y ait la moindre tache sur la réputation de nos armées, c'est-à-dire de la France." Avant de conclure... "nos armées ont fait un travail remarquable en Centrafrique"...

Pas sur que les dizaines d'enfants violés par les soldats français, valeureux représentants de la morale française, soient du même avis que Hollande.

Alors que Paris, promet "de faire toute la lumière", du côté de l'ONU, on est un peu plus clair. Stéphane Dujarric, le porte-parole de l'ONU déclare: « Nous sommes confrontés au fait que des soldats envoyés pour protéger les habitants ont au contraire plongé au cœur des ténèbres »
Parce que la lumière, quand c'est la France qui se charge de l'établir au sujet des crimes de ses propres militaires, on l'attend toujours.

En 1994, déjà, au Rwanda, des soldats français sont accusés de viol sur des femmes lors du génocide. Une femme témoigne: "Un des trois militaires m’a brisé l’auriculaire, m’a jetée sur le lit et m’a violée. Quand le premier a eu fini, l’autre m’a violée aussi. Le troisième assistait, il ne semblait pas intéressé, alors que je criais.... ».
Vous avez entendu parler de sanctions contre les militaires français ? Moi non plus. C’était il y a 20 ans. L’enquête est toujours en cours apparemment … (4)

Fin juillet 2014, lorsque l'ONU transmet le rapport concernant les viols par ses soldats, la France ouvre une « enquête préliminaire ». Une procédure réservée normalement aux contraventions ou aux délits. Dans l’enquête préliminaire, si vous voulez menez une perquisition chez quelqu’un, il faut obligatoirement son accord. Les militaires en rigolent encore.
Le viol est un crime. Lorsqu’un crime est commis on ouvre obligatoirement une enquête judiciaire menée par un juge d’instruction. Jamais une enquête préliminaire.
Mais violer un petit noir, en France, ce n'est apparemment pas commettre un crime. C'est plutôt "mal se comporter", comme Hollande, chef des armées, aime à le dire.
Ce n'est qu'un an plus tard que la France se décide enfin à ouvrir une information judiciaire.

La dernière blague chez les soldats

En attendant, les militaires français violeurs qui savent parfaitement qu'ils ne sont pas près d'être inquiétés se marrent bien. Il paraît que la dernière blague qui court chez nos soldats héroïques qui portent bien haut les valeurs de la République Socialiste Française est plutôt salée. Ou sucrée, plus exactement.

Un officier de la force française Sangaris en République Centrafricaine vient prendre un café au mess des officiers après une longue et dure ... journée.
- Je vous sers un ptit noir, bouana ?
- Avec plaisir, mettez m’en un bien serré, c’est plus agréable.

Nos tombes valent plus que leurs enfants

En France, si vous violez une tombe dans un cimetière vous aurez immédiatement tous les médias, les ministres et les politiques de tous bords qui seront absolument scandalisés: "acte ignoble et antisémite", " insulte à la mémoire", "condamnation avec la plus grande fermeté", "acte odieux".
En revanche, si vous violez un enfant noir dans un camp militaire, personne ne vous inquiétera. Le chef de l'état, chef des armées, parlera de "mauvais comportement". Pire, on tentera de vous couvrir et d'enterrer l'affaire en mettant plus d'un an à nommer un juge d’instruction.

La France, pays autoproclamé des droits de l'homme, protège mieux les tombes blanches immaculées de ses cimetières que les enfants noirs souillés des bidonvilles d'Afrique.







samedi 2 avril 2016

Nos tombes blanches valent plus que vos enfants noirs


© AFP Issouf Sanogo


Des enquêteurs de l'UNICEF (United Nations Children's Fund) viennent une nouvelle fois de recueillir les témoignages d'une centaine d'enfants originaires de la République Centrafricaine qui affirment avoir été violés par des soldats censés les protéger parmi lesquels des soldats français de l'opération Sangaris.

Trois jeunes filles expliquent notamment avoir été "ligotées et dénudées" à l'intérieur d'un camp militaire par un officier français puis "forcées à avoir des relations sexuelles avec un chien". (1)
Ces accusations abominables contre l'armée française ne sont malheureusement pas les premières.
En février 2016, l'ONU signale que des soldats français sont accusés d'avoir obligé deux enfants à pratiquer des fellations contre de l'eau et des biscuits.
En avril 2015, The Guardian publie un rapport de l'ONU resté jusque-là confidentiel qui dénonce des faits de viols commis à Bangui entre décembre 2013 et juin 2014 par une quinzaine de soldats français. (2) Le rapport détaille les viols et les sodomies pratiquées sur des enfants sans-abri et affamés en échange de nourriture. Le plus jeune a 9 ans...

En 2015, une première sanction tombe.

Rassurez-vous, elle ne concerne pas nos vaillants soldats violeurs d’enfants affamés. La seconde victime de cette affaire, après les enfants, s’appelle Anders Kompass. Directeur des opérations de terrain au Haut Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU.
Légitimement scandalisé par les faits et voyant que rien n’avance, il transmet le rapport de l’ONU à la justice française en juillet 2014. En mars 2015, constatant que la justice française étouffe l’affaire, il diffuse le rapport confidentiel.
Cadre à l’ONU depuis 30 ans, M. Kompass est purement et simplement suspendu. On lui reproche officiellement d’avoir mis en danger les enfants violés en divulguant leur nom. On croit rêver.
Les militaires violeurs eux, sont toujours en fonction dans l’armée française, au contact de milliers d’enfant mais cela n’empêche apparemment personne de dormir et surtout pas notre vaillant ministre de la défense Le Drian, cumulard qui passe son temps dans les transports entre Paris et sa chère région Bretagne. Non seulement Le Drian dort bien, mais en plus il rêve: « si un soldat est coupable, il doit se dénoncer… » déclare-t-il le 3 mai 2015.

Du côté de chez Hollande

En avril 2015, Dominique Hollande déclare d'un ton martial: « Si certains militaires se sont mal comportés, je serai implacable» (3) La rhétorique de Hollande, chef des armées est un très mauvais signal envoyé aux victimes mais aussi à toute l’armée. Il refuse de parler de crime et se contente d’évoquer des soldats qui se seraient « mal comportés ».

Suite aux nouvelles révélations de mars 2016 impliquant des soldats français, Hollande remet le couvert: "c'est l'honneur de toute la France qui serait engagé... On ne peut pas et je ne peux pas accepter qu'il y ait la moindre tache sur la réputation de nos armées, c'est-à-dire de la France." Avant de conclure... "nos armées ont fait un travail remarquable en Centrafrique"...

Pas sur que les dizaines d'enfants violés par les soldats français, valeureux représentants de la morale française, soient du même avis que Hollande.

Alors que Paris, promet "de faire toute la lumière", du côté de l'ONU, on est un peu plus clair. Stéphane Dujarric, le porte-parole de l'ONU déclare: « Nous sommes confrontés au fait que des soldats envoyés pour protéger les habitants ont au contraire plongé au cœur des ténèbres ».

Parce que la lumière, quand c'est la France qui se charge de l'établir au sujet des crimes de ses propres militaires, on l'attend toujours.

En 1994, déjà, au Rwanda, des soldats français sont accusés de viol sur des femmes lors du génocide. Une femme témoigne: "Un des trois militaires m’a brisé l’auriculaire, m’a jetée sur le lit et m’a violée. Quand le premier a eu fini, l’autre m’a violée aussi. Le troisième assistait, il ne semblait pas intéressé, alors que je criais.... ».
Vous avez entendu parler de sanctions contre les militaires français ? Moi non plus. C’était il y a 20 ans. L’enquête est toujours en cours apparemment … (4)

Fin juillet 2014, lorsque l'ONU transmet le rapport concernant les viols par ses soldats, la France ouvre une « enquête préliminaire ». Une procédure réservée normalement aux contraventions ou aux délits. Dans l’enquête préliminaire, si vous voulez menez une perquisition chez quelqu’un, il faut obligatoirement son accord. Les militaires en rigolent encore.
Le viol est un crime. Lorsqu’un crime est commis on ouvre obligatoirement une enquête judiciaire menée par un juge d’instruction. Jamais une enquête préliminaire.
Mais violer un petit noir, en France, ce n'est apparemment pas commettre un crime. C'est plutôt "mal se comporter", comme Hollande, chef des armées, aime à le dire.
Ce n'est qu'un an plus tard que la France se décide enfin à ouvrir une information judiciaire.

La dernière blague chez les soldats

En attendant, les militaires français violeurs qui savent parfaitement qu'ils ne sont pas près d'être inquiétés se marrent bien. Il paraît que la dernière blague qui court chez nos soldats héroïques qui portent bien haut les valeurs de la République Socialiste Française est plutôt salée. Ou sucrée, plus exactement.

Un officier de la force française Sangaris en République Centrafricaine vient prendre un café au mess des officiers après une longue et dure ... journée.
- Je vous sers un ptit noir, bouana ?
- Avec plaisir, mettez m’en un bien serré, c’est plus agréable.

Nos tombes valent plus que leurs enfants

En France, si vous violez une tombe dans un cimetière vous aurez immédiatement tous les médias, les ministres et les politiques de tous bords qui seront absolument scandalisés: "acte ignoble et antisémite", " insulte à la mémoire", "condamnation avec la plus grande fermeté", "acte odieux".
En revanche, si vous violez un enfant noir dans un camp militaire, personne ne vous inquiétera. Le chef de l'état, chef des armées, parlera de "mauvais comportement". Pire, on tentera de vous couvrir et d'enterrer l'affaire en mettant plus d'un an à nommer un juge d’instruction.

La France, pays autoproclamé des droits de l'homme, protège mieux les tombes blanches immaculées de ses cimetières que les enfants noirs souillés des bidonvilles d'Afrique.